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27/09/2016

"Pourquoi écrivez-vous ?" II

Alain-Fabre Catalan : Écrire de la poésie, c'est tenter de faire du souci poétique l'expérience dominante de la vie. Au fil du temps, l’écriture est devenue pour moi le témoignage de cette présence immédiate qui perdure dans la pensée du poème et vient enflammer le tissu des mots au plus près de la voix. Cette attention portée aux mots constitue, jour après jour, la mémoire du poème, véritable anamnèse qui se nourrit de la présence des choses et de leurs traces invisibles, ces souvenirs d'une autre langue que la poésie ne cesse de traduire. Ainsi le besoin de la poésie et la question de sa traduction n’ont-ils jamais cessé de m’accompagner.

Jean-Paul Bota : Je me suis souvent posé cette question sans pouvoir de manière évidente m’apporter une réponse.
J’écris, je pense, par besoin, par plaisir, pour exorciser ma peur et essayer d’avoir un rapport plus apaisé avec le monde, et pour partager mon expérience.

Jean-Christophe Ribeyre : J'écris pour être de ce monde qui m'échappe et me fuit. Non pas pour le fixer, le saisir à pleines mains, mais pour qu'il pénètre mieux en moi. Qu'il me chante, m'accorde à lui.

Philippe Mathy : J’écris pour tenter de percevoir la part d’invisible qui m’habite et celle qui est présente dans les êtres et les paysages qui m’entourent. J’écris pour tenter d’éclaircir la voix qui surgit dans les mots que j’assemble, car cette voix n’est pas seulement mienne… Ce ne sont que des approches. Impossible de donner une réponse complète, achevée, ce pourquoi peut-être on continue d’écrire.

Daniel Martinez : J’écris pour fouiller dans ma mémoire ; tenter d’y mettre un peu d’ordre. En espérant y trouver, avec le tout-venant, des "pépites", "pépites" à mes yeux bien sûr (l’espoir fait vivre), dans un flash-back permanent. Au rebours de la vie sociale, écrire est devenir soi-même, ce qui est de moins en moins évident, du côté des "élites" elles-mêmes tant elles sont liées au prêt-à-penser, à ce qui est susceptible de plaire : rejoignant ainsi les stratégies éditoriales, parfois téléguidées par l'attente de subventions. Je vous laisse remonter la chaîne de vous-même, jusqu'à la source de ces dysfonctionnements. Ita est.

11:29 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

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