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18/01/2015

Epilogue : l'après 11 janvier 2015

Dans le Monde des livres du 16/1, quelques écrivains pressentis ont donné leur vision des attentats des 7, 8 et 9 janvier. On y remarque entre autres l'intervention d'Ismail Kadaré, qui touche au vif du sujet, alors qu'un JMG Le Clézio reste en-deçà de ce que l'on pouvait attendre de lui (pour les lecteurs curieux, à signaler l'article fameux qu'écrivit Cornelius Castoriadis : "Haine de soi, haine de l'autre", paru il y a quelques années certes dans les colonnes du Monde, mais qui reste d'actualité).
A présent, voici un extrait de ce qu'a écrit
Ismail Kadaré suite aux manifestations du 11 janvier :

... Il est vrai que l'on considère l'Europe comme le continent qui a, plus que tous les autres, profité de la planète. Mais en même temps, c'est aussi le continent qui lui a donné plus que tous les autres. Ce dont l'Europe a fait don appartient à une sphère unique, supérieure pourrait-on dire, celle des valeurs spirituelles : la philosophie, l'art, la littérature, la démocratie et la liberté d'expression, pour laquelle elle vient d'être frappée.

A la différence des richesses matérielles, des forêts, du pétrole, des banques, dont chaque pays jouit (profite) pour lui seul,  les valeurs spirituelles obéissent à d'autres lois. Aucun peuple ne les crée pour lui seul. Au contraire, il les offre naturellement aux autres. Ainsi l'Europe a-t-elle créé Dante, Shakespeare, Beethoven - et on pourrait dire Paris aussi -, pour elle et pour le monde entier.

C'est cette évidence qui est réapparue soudain, comme à la lumière de la foudre : la reconnaissance planétaire envers l'Europe, le continent frappé. Mais aussi le message que l'Europe reste chère (précieuse) à toute l'humanité. C'est pourquoi elle a non seulement le droit mais aussi le devoir de se protéger. Pour elle-même et pour tous les autres.

                                                                                   Ismail Kadaré

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