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06/09/2015

L'enfance, tout simplement

Il va sans dire, mais il m'appartient de clarifier ici ma position pour éviter tout malentendu : il n'est rien de plus vil que la mort d'un seul enfant - lorsqu'elle aurait pu être évitée. Celle de ce petit Syrien étant emblématique du très actuel problème des migrants - effet boomerang d'une déstabilisation d'une partie du globe allant de l'Afrique du Nord au Moyen-Orient. Il n'y a rien naturellement de voyeur dans le fait d'afficher à la une ce qui nous révulse à juste titre, non pour la photographie même qui n'est pour tout matérialiste en herbe qu'un carré de papier coloré promis dans le meilleur des cas au recyclage ; ou un coin d'ordinateur balayé par les vagues d'autres nouvelles, l'une effaçant l'autre à l'envi... L'enjeu, le représenté en fait, est bien autre. Soyons honnêtes.

Dans sa "Chanson du voyageur", le poète Philippe Delaveau m'écrivait le 10 août 2008 : "Je suis l'enfant de deux lumières, celle qui nuit aux ombres et l'autre vive. L'horizon me précède à coups de grelots crus, de pointes vives, sa gloire : ma lumière. Salut au jour. Je me comprends." Ces phrases, ses vers en prose devrais-je dire prennent un tour particulier dans le contexte actuel où les dirigeants de ce monde se passent la balle et dribblent dans le vide, au bout de l'été. Pourquoi ?

Toucher à l'enfance, de quelque manière, est intolérable, dépasse le simple registre des causes et des effets induits. Car elle symbolise, l'enfance, à elle seule notre propre avenir. Avez-vous déjà remarqué qu'il est exceptionnel qu'un peintre représente la mort d'un enfant (je ne connais personnellement qu'une toile qui traite du sujet)... Simplement, parce que l'on entrerait ici dans le monstrueux et que l'on sortirait du critère du représentable. Heureusement que ces limites existent et perdurent. Une photo, ce n'est rien en un sens et par sa symbolique c'est tout, justement. Ne jetons pas à bas les repères qui nous conduisent, en nous voilant le regard. DM

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