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15/10/2016

Le "brave" Bob Dylan

Vous me pressez de questions autour du dernier prix Nobel de littérature accordé à un chanteur, Bob Dylan, qui le refuse dans la foulée : précisément, pour savoir ce que j'en pense. Comme pour un Michel Onfray dont j'ai en temps utile souligné le retournement de veste préoccupant, je me refuserai à la langue de bois en vous disant qu'il suffit de se reporter aux statuts du fameux jury pour comprendre que l'attitude du lauréat est celle d'un faiseur. A savoir : "La méthode suédoise est immuable : en février, l’Académie établit une liste de toutes les candidatures qui lui ont été soumises. En mai, elle réduit cette liste à cinq noms. Ensuite, les membres du jury disposent de tout l’été pour plancher sur les auteurs choisis. Puis au début d’octobre sonne l’heure de la consécration."

Vous savez comme moi lire le français : le jury ne fait son choix qu'à partir de candidatures déposées à la bonne adresse et en temps utile. Imaginer que Bob Dylan n'ait pas été au courant de la chose relève de la science-fiction. Dans le même registre, que penser d'un grand bourgeois comme Jean-Paul Sartre refusant le même prix et de ses motifs réels ? Avec le recul du temps, n'espérait-il pas que la publicité induite serait supérieure à celle de l'acceptation du Prix ? Car, à bien lire son oeuvre, romanesque en particulier, germanopratine à l'excès, un roman comme "Le pain noir" d'un Louis Guilloux est infiniment mieux construit que la trilogie du parisien, où le lecteur lambda s'ennuie sans trop le dire ; ou que sa "Nausée" (qui peut prêter à sourire aujourd'hui)...

Je crois donc qu'il faut laisser Monsieur Dylan à son harmonica et à ses guitares et le considérer pour ce qu'il est en fait : un has been - qui, me concernant m'a beaucoup moins fait rêver que Neil Young. 

Mes amitiés partagées. A demain pour un sujet plus sérieux : le sommaire du prochain Diérèse. Restez attentifs je vous prie, Daniel Martinez...................................................

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