241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/11/2018

A bâtons rompus

1.

Pour qui sait infaillible l'espoir
Les bâtiments de briques enchevêtrées
Proches autant qu'évanescents
Après l'arête vive des talus
La trame des intrigues tissées
Au feu d'autres avènements


2.

La nue plus fluide à mesure offerte
Aux lieux-dits de hasard
Par les corps éveillés
Au cœur de l'éclaircie
Du courant vert immatériel
Dans les éclaboussures des feuillus


3.

Là entre les doigts de sable follement
En lui-même transparaît
La langue des roseaux et tu chantes
La vie comme la mort
L'indocile essaim faufilé
S'étoile la saison
En son sein la somme dispersée


4.

Visitée par les claires humeurs végétales
Le galon d'humus des eaux du dessus
Où l'éther inscrit de nuit
Son filet arachnéen
Chuinte à l'oreille sa partition propre
Saignent sous les épines les pierres bleues


5.

Qu'aurais-je à prouver maintenant
La figure initiale de la folle églantine
L'espace courbe et
Les petites sources où boire
De-ci de-là sans compter
Depuis l'embrasure comme incarcéré


6.

Qu'aurais-je à dire de plus
A peine retient-on des choses leur parure
J'ai relu Saint-Amant très tôt ce matin
Son éloge du vers luisant
Il n'y avait rien que le silence
Pour illustrer le vermillon de la balustrade
Pour repeindre de neuf mes premières amours


7.

J'ai rêvé comme vous d'un monde
Sous les apparences devine-t-on encor
l'indécis et gris murmure de la campagne
Qui s'éveille et ce souffle rauque du premier train
Toujours plus loin presque un mensonge
Dis-moi oui pourquoi se trahit-on
Si aisément aux quatre coins
D'un horizon de pièces rapportées


8.

De droite à gauche le sel crissé des touffes
Te donnent soif cette fabrique d'indicible
A l'ouïe prolongée de rien en rien
Au même retour de la répétition
A bâtons rompus un fond
De terre brûlée de passions de mémoire
Sous nos pieds chaque durée rendue
A sa plus simple expression


9.

Sans personne et sans la nacre
De l'infini intercepté
Certain tremblement des signes
Dans le miroir un adieu somptueux
Un bourdonnement de guêpes
Un souffle épars
Devant le jour de par la grande allée
Aux rameaux bas un peu confus


Daniel Martinez

Les commentaires sont fermés.