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10/10/2019

Figurées

à Diane, pour le chant des mots

 

Sans qu'on entende un pas, une douceur est là, présente dans la mémoire des hauts feuillages, laissant sourdre une clarté rousse, chaude, tachée de gouttelettes vertes. Tout lentement s'approche, se diffracte dans l'indéfini, filigrané d'arborescences bleues.

L'odeur du chemin qui là se perd, à l'emprunter, quand dessous la voussure on devine encore des pans de rocaille, à flanc de forêt. Avec, dans l'échancrure, traversant le tissu de l'esprit un ciel intérieur : l'un à l'autre lisible. Miroir attentif à nos égarements.

Parfois, la source obscure d'un chant, étouffé. Et cette trouble beauté, portée par le bonheur des souffles revient toujours vers les choses d'en bas. A l'instant même, glisse un filet de brouillard entre les peupliers, où le diaphane compose avec l'opaque.

Où le réel donne l'illusion de l'illusion ; et l'on ne sait plus discerner que les contours de l'ancienne matière, esquissée par un champ de phosphènes. Tout est là, à portée. C'était marcher, entre passé et futur, livrés aux délices des pleins, vides et déliés.

Images mais de quoi, d'un insecte en vol avec son balancier, qui se répand en étincelles, participant de ce cycle où nous sommes reçus. Un dieu de murmures dans la quête de sa propre consistance. Ainsi forcer l'énigme du monde, dans le secret de la terre noire, et l'impossible vision qu'elle a d'elle-même.

Hors des communs enchaînements, doigts de cendre posés sur une manière de chaos, ouvert aux mouvantes frondaisons, au lait de l'aube où le réel peu à peu se donne pour ce qu'il est. Percent les racines des ormes, du riche temps des songes aux tourments de l'oubli, mille lectures possibles.

Les voix qui s'en séparent et muent, allégées des pesanteurs, cherchent un autre engagement. Depuis la sente à peine tracée, qui sous les pas et les feuilles remuées sent la poire mûre, et les griffes des ronces, en lisière d'autres mondes. Enluminures, sur une eau gris-vert, un étang.

 

Pour sauvegarder les reflets d'un pacte perdu ? Entre les mailles diurnes, les ramures, passées par le filtre de l'imagination.


Daniel Martinez

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