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17/10/2020

Nid de la mémoire

L'air entier et la perle
à l'oreille du veilleur
d'une dorure sombre
écoute disparaître
la croûte brune des champs
comme un pain
que l'on aurait trop cuit

Le vent aux masques d'oiseaux
s'inclinant bas
pour le don éperdu
étiré dans une durée
qui n'est pas la nôtre
ainsi l'éternité nous échappe
et les hautes herbes continuent
de se fondre à la moelle terrestre

Cailloux de senteur
remués par les pas
de ce que nous avons été
cahier nomade où furent écrits
tes premiers poèmes
langue de cuivre
glissante et nue
et la pluie sur ta peau constelle
cet autre nom que tu donnes
au monde à ses ombres mouvantes

Lèvres pour prononcer
le blanc buisson d'épines
sous le cognassier du Japon
mains écorchées de graines rougissantes
un oreiller de pierre
rêve tout haut d'un paysage gravé
sur l'or mat du soleil
la saisie brève des sphères
à contempler comme jamais

 

Daniel Martinez

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