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21/03/2018

Le Roi de la dérèglementation

"Où s'arrêtera-t-il ?", m'écrivent quelques-uns... Et je ne sais quoi répondre. Lorsque j'étais étudiant en droit, on parlait de "fait du prince" pour désigner un domaine échappant à la loi, au Parlement et à ses élus. Une survivance de notre histoire monarchique. Il y eut des monarques éclairés, d'autres pas. L'actuel occupant de l’Élysée l'est-il ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

Somme toute, sur quoi mise-t-il ? Pour commencer, le silence bienveillant de la presse subventionnée et du milieu intellectuel. De ce côté-là, c'est une réussite. Puis, le nivellement par le bas : on casse les résistances dans l'entreprise, on fractionne en petites entités les secteurs les moins compétitifs, on noie le poisson avec une communication à tout-va sur des faits sociétaux directement exploitables (développement durable, revalorisation du travail féminin et tout ce qui s'y rattache par exemple). Sans oublier d'agiter le thermomètre humanitaire au passage (ponctionner les retraités pour en donner un peu aux jeunes - ces temps-ci on ne peut plus précarisés), et de s'appuyer dans la foulée sur la frange populiste pour resserrer les écrous du cadre national. Pour solde de tout compte, remuer à la grande cuillère/langue de bois et le tour est joué !

En bref, ce qui se prépare est des plus préoccupants. Car en s'appuyant sur le ventre mou d'une nation qui cherche à préserver ses petits avantages pour ne pas se retrouver dans le rouge, et en traitant avec un souverain mépris les opposants tout comme "les gens de rien", ceux qui ne font pas la "grande" histoire en quelque sorte, on mise sur le court terme : aller vite, pense-t-il, notre "parfait" chef d'entreprise (dixit "Challenge"). Il ne lui manque plus à présent qu'un dessert à la mesure de son appétit. DM

14/02/2018

Appeler un chat : "un chat"

Voici ce que je vous écrivais le 22 décembre (nous sommes le 14 février !), je n'en retire pas un mot, malgré les critiques que j'ai pu recevoir à ce sujet... et voici que l'on a retrouvé, il y a peu, le crâne de la fillette, c'est-y pas possible ! Pourquoi ne pas s'occuper à présent de l'avocat de ce criminel de haut vol ? Amitiés partagées, Daniel Martinez

"J'ai peu l'habitude de m'exprimer sur l'actualité directe, à chaud. On me reprochera à coup sûr de m'intéresser à un fait divers, mais qu'importe !, il convient que vous me supportiez tel que je suis & qui m'aime me suive !, comme dirait l'autre. Il paraîtrait que les poètes authentiques sont au-dessus du quotidien, mais ce n'est pas mon cas.

La presse fait ses choux gras ces temps-ci du cas Nordhal Lelandais, à juste raison. mais le problème est-il bien posé ?, c'est ce qui me préoccupe. Car comment peut-on inviter un marginal de cet acabit (réformé P4 même à l'armée, c'est dire...) à un mariage ?! Ce sont les parents de la petite (paix à son âme) qui devraient parallèlement être interrogés sur ce choix, pour le moins curieux...

Les droits constitutionnels de la défense apparaissent d'autant plus légers dans leurs assertions que rien ne permet à cette heure de disculper cet "éleveur" de chiens, sauf à le suivre dans ses dénis qui tous s'orientent vers des constructions d'alibis. Là encore, je vais faire preuve d'originalité en prétendant, mordicus, que ce cas relevant de la psychiatrie lourde mérite d'être étudié et rapporté avec la plus extrême attention, afin de tenter de comprendre comment cet individu a pu se construire une personnalité telle. Il convient pour cela de remonter la chaîne, patiemment, depuis sa proche famille jusqu'à ses connaissances, ami(e)s, jusqu'à ses appétences informatiques - comme précisément cela a été fait, d'ailleurs. Bref, nous sommes en présence d'une tête de série qui aurait fait le régal d'un Sigmund Freud, et, qui sait ?, aurait pu lui inspirer un livre - n'en déplaise à M. Onfray et alii

Une autre préoccupation : l'individu lambda se faisant prendre pour un menu larcin (sommes-nous si loin des "Misérables" de Victor Hugo) aurait-il autant tardé à rejoindre les geôles de la République ?... Là encore, la figuralité de l'acte déforme le fond du problème et l'éthique est bafouée, nolens volens.

Dire que je suis écœuré par tous ces effets de manche qui jusqu'à présent flirtent avec une parodie de la justice - alors qu'en d'autres domaines comme ici mal gérés dès le départ, la brutalité répressive passerait pour "exemplaire" - est un doux pléonasme. Voilà tout, merci pour votre attention. Daniel Martinez"

18/01/2018

Le harcèlement

Bonjour à toutes et à tous,

Vous êtes plusieurs à me demander de me prononcer sur ce "phénomène", qui a généré une tribune et une contre-tribune dans Le Monde puis un retour de flamme dans Libération, via certaines personnalités qui en ont profité pour occuper l'avant-scène, publicité oblige.

Vous me connaissez, je ne pratique pas la langue de bois et je dis ce que je pense, quitte à déplaire. De quoi parlons-nous d'abord ? De "harcèlement sexuel", une pratique assez répandue bien que jusqu'à présent inavouée/able (ce qui ne la légitime en aucun cas) dans le monde de l'entreprise, du cinéma... dans les transports en commun et tutti quanti. Soit. Reconnaître et défendre les droits des femmes est un impératif dans nos sociétés. Sanctionner sans faillir les incivilités en général dans le métropolitain par exemple, où aux heures de pointe l'animalité humaine bat son plein est une nécessité. La loi du plus fort ne doit pas être la règle. De même, le chantage professionnel, lorsqu'il est avéré, relève ni plus ni moins du pénal. Par parenthèse, les conditions indignes dans lesquelles les populations sont transportées sur leur lieu de travail dans les grandes métropoles est un problème en soi...

L'éducation comme réponse : bien entendu. Encore faudrait-il que l'on enseigne dès l'enfance puis aux adolescents les règles de savoir-vivre, que les enseignants et les parents agissent de concert. Est-ce que c'est le cas ? J'ai de gros doutes. A savoir que l'effet de masse a un effet dévastateur. Un groupe de dérangés aura plus d'impact direct qu'un individu dans sa sphère auto-normée. Les féministes n'apportent pas grand chose au débat, elles ne font que récupérer ce qui apporte de l'eau à leur moulin, dans la posture du hérisson. Dominant/dominé : c'est la dialectique typiquement camusienne, qui nous regarde tous, dans tous les compartiments de la société. Il n'existe pas de société idyllique.

Point de vigilance : on constate des dérivés dans le domaine des arts en général, où l'on en viendrait à interdire par-ci par-là certains artistes, où un certain Balthus dans ses toiles flirterait avec la pédophilie, et serait à bannir de nos cimaises, où il faudrait réécrire la fin de Carmen, etc, etc... Quel rapport avec le harcèlement ?, poser la question, c'est déjà y répondre. Cette dérive fondamentaliste est dangereuse. Elle est le reflet d'un degré d'inculture alarmant qui voisine avec un populisme ambiant jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Nous en sommes là. Ne laissons pas une nouvelle guerre des sexes polluer le débat, sous des couvertures de bien-pensance. Amitiés partagées, Daniel Martinez