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02/07/2020

"La Maison des mémorables", de Jean-François Rollin, éd. Champ Vallon, février 1989, 160 p., 92 F

Ô splendeur calme,
limpide regard des statues,
pluie de roses sur la ville
à son réveil,
lorsqu'il s'en retourne dormir,
les rideaux s'interposent,
et c'est tout l'espace qui revient,
blondeur légère au-dessus des avenues marines
tirées vers le grand lieu hauturier et mobile
où le soleil commence.


Sur la cheminée,
verrerie gracile,
est posée la carafe.
D'une telle transparence,
l'instant d'un éclat,
multiples mouvances au plafond,
ciel éphémère inventé par le matin,
pâle et rose nue bouclée,
c'est le vent sur son erre
sous l'éther surgi du chiffre.

 

Jean-François Rollin

 

DANIEL-COURTOIS  3.jpg

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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01/07/2020

"Carnet d'un buveur de ciel", de Dominique Sampiero, éditions Lettres Vives, octobre 2007, 96 p., 13 €

Quand les mots se rétractent jusqu'à l'os, se taire fait craquer les gencives, les phalanges, et c'est une terre noire, plus sombre que la nuit, un trou béant dans la présence où tombent les regards les uns après les autres comme des feuilles mortes.


Alors les regards m'évitent, les silhouettes croisées ont peur de tomber dans cette absence, ce ciel vide qui plane au fond de moi, ce ciel sans bord, infini, cette pure présence où je m'avale, dévale, je passe à travers, mes doigts se crispent, puis je respire, je relâche, et je plane, à force, dans cette chute sans fond avec un visage de feuille morte.


Je n'existe que par ressemblance. Je suis présent par petits bouts, par morceaux. De grandes bourrasques roulent leurs rires ou leurs larmes et me dictent des pensées d'oiseaux, d'enfants enivrés par le tabac. Au réveil, me reste l'impression d'être passé à côté d'un ami sans le reconnaître. Quelque chose comme un rêve qu'on a oublié d'écrire. Moi, tout simplement.

 

Dominique Sampiero

07:14 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

29/06/2020

"Kamakura et autres lieux", de Jacques Bussy, avec une gravure sur bois de l'auteur, éd. Fata Morgana, 13/2/1979, 333 exemplaires

L'encre délie sa bête favorable
Entre mes mains la neige signe un nom,
Une obole - un mort peut-être s'y cache
S'y tait aux yeux multipliés - Mon corps
Existerait-il dans la foule blanche
Des ancêtres dans l'effort des bourgeons
Les fibres de la corde le dessein
De l'hiver ? La neige, signe et désir
Dans une cire scellée le registre
Et l'odeur pèlerine du lotus

 

Voir sans faire un pas les chemins nous guident
A côté : au plus juste des désirs
De ne pas atteindre ce qui nous voit
De ne pas toucher ce qui nous conduit
Que le corps se présente loin de l'ombre
Langues de neige attouchements de givre
Lui pardonnent impatience et bruit
La liste des noms des dates des lieux
La transparence voit et le silence
Écoute notre rêve déserté

 

Jacques Bussy


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11:21 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)