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27/09/2015

Enluminures VIII

La tête en arrière, le coeur criblé de ces poussières de légendes semblables au champ de phosphènes qui, visités par le Soleil, dans le lit de la rivière s'inscrivent, dans un éternel suspens. Touchés par une vague d'ombre soudain, la figure s'éloigne et la voix passe : quand l'écarlate du vitrail perce le gui des peupliers, l'oreille, parée des syllabes longues de l'espace mesure les vapeurs crépusculaires.

Sous elles roule la surface, se dessinent des pensées hors de la pensée, avec la singulière agilité qu'ont les araignées d'eau à effleurer l'élément, donnant le change à notre vigilance. Pour protéger de quelque manière l'univers muet où la conscience se dissout, se mêle à mesure aux mouvantes frondaisons, aux fibres, herbes sauvages, à d'anciens paysages ininterrompus, abandonnés aux délices des pleins, vides et déliés.


La misère et la beauté. Au pied du mur qu'il convient à présent de franchir, de plain pied avec le monde environnant, l'exaltation soudaine d'un essaim de passereaux, désassemblés d'un vaste épi. Quand tournent les sens, pour forcer le vide calme du jour, livré au domaine des nombres et des reflets.


                                                                    Daniel Martinez

23/09/2015

Enluminures VII

                    Le cercle n’est pas une figure

                    le regard ne le saisit jamais

                    qui ne fait que le traverser

     Le monde n’y est que passager reflet, au fil lent des gestes à reconduire. Le réel s’accomplit, n’ayant pas de mémoire, mais la forme nue d’un corps qui n’a d’autre nom que celui de la pêche juteuse cueillie chaude au soleil.

 

     Le pain blanc dans l’ombre, la colline charnue, des géographies de trembles et les hachures plus basses des peupliers.

 

     Errant, et cette ombre qui m’accompagne sous l’horizon tout en rondeurs est ma langue maternelle. Encore : le reflet de la bougie invisible dans la profondeur cirée de la table.

                                              

                                                                 Daniel Martinez

20/09/2015

Enluminures VI

               Ces filets de lumières

               qui filtrent à travers les volets

               exsudent de tous les pores

 

S’épanche l’époque avec ses formules

recouvrant de son eau les gestes

les mots roulent scintillent s’éteignent

élargissent le champ optique

la fontaine marmonne où boire

l’espace inversé ses grottes marines

 

un velours vert colore tes mains

et fluidifie la carte du monde sensible


                                 Daniel Martinez