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22/10/2019

Mort d'un juré du prix Nobel de littérature Nils Göran David Malmqvist (1924-17/10/2019)

Éminent sinologue, Göran Malmqvist a été élu à l'Académie suédoise le 11 avril 1985 pour entrer officiellement en fonction le 20 décembre 1985. Il succède à l'historien de la littérature Henry Olsson. Après son élection, il écrit en 1995 une biographie remarquée sur son ancien professeur Bernhard Karlgren : Bernhard Karlgren – ett forskarporträtt (Bernhard Karlgren – Portrait d'un savant). Malmqvist suivit les pas de son maître par une approche phonétique classique de la sinologie, proche de l'époque des pionniers en la matière qui investissaient en Chine, entre 1910 et 1912, les champs d'une recherche dialectologique qui a tenté de reproduire les canons phoniques de l'ancien chinois. Au sein de l'Académie suédoise, il a participé par ailleurs grandement à la promotion de la littérature chinoise jusqu'alors ignorée. Sous son impulsion, deux prix Nobel de littérature sont décernés à des auteurs écrivant en mandarin : Gao Xingjian en 2000 (il avait depuis 1999 la nationalité française), dont il est le traducteur suédois et Mo Yan en 2012.

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09/07/2019

Michel Baglin (25 novembre 1950 - 8 juillet 2019)

Apprendre la mort de Michel Baglin est une épreuve, même si nous ne nous connaissions que de loin, et pourtant. L'animateur de Texture nous a quittés, depuis son chemin de longue haleine, en terre toulousaine.
La dernière fois que nous nous sommes vus, ce fut le 17 mars 2018 à Savigny-sur-Orge lors d'une soirée organisée par la compagnie théâtrale Les Trois Clous, dans une programmation d’Évelyne Morin. Des extraits de Un présent qui s’absente, (éd. Bruno Doucey, 2013) et de L’Alcool des vents (éd. Rhubarbe, 2010) y étaient lus, par l'auteur et par des acteurs, avec des intros musicales enlevées, brillamment menées par le Saxiana Quartet (une extraordinaire Anne Lecapelain au saxo et à la basse)...
Une soirée pas comme les autres donc, où Michel nous avait emportés dans des poèmes qui n'avaient rien d'enjoués. Il était 20 heures 30, il ouvrait la soirée et le silence se faisait naturellement autour d'une voix, d'une âme qui nous renvoyait entre autres aux espoirs déçus des années de braise étouffées à petit feu avec la perte des utopies, avec le présent qui glisse et le passé qui continue de frapper au carreau, avec les derniers fétus sur la grève, réanimés par le souffle de quelques-uns, poètes par essence et conviction. Fidèle à ses lecteurs, Michel Baglin - loin de "l'extase matérielle" ou des débats giratoires entre le zist et le zest -, l'a toujours été face à lui-même. L'été aurait-il eu raison de lui, pas si sûr : car ses poèmes continuent de résonner en nous comme sa passion de l'écriture, sachant que "Les vrais livres n'ont pas de fin." Daniel Martinez

08:12 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (0)

08/03/2019

Antoine Emaz (1955-2019)

Une pensée particulière pour Antoine Emaz, qui nous a quittés dimanche 3 mars. Poète de son état, il a publié in Diérèse, souvenons-nous en. Infatigable critique par ailleurs, et découvreur de talents, comme chacun sait. Chaque fois qu'un poète meurt, c'est un peu le cœur de l'humanité qui se contracte, et met à nu l'impossible conquête par les mots des maux qui affectent le monde : une langue de résistance que la langue poétique, face à l'inépuisable et violente texture du réel, dans laquelle l'homme demeure imbriqué, où le poète tente de trouver, à toute force, une sorte d'équilibre. Devant "l'inconfortable existence que nous avons prise en location et dans laquelle nous essayons de nous aménager".

Cette lettre d'Antonin Potoski in La plus belle route du monde (POL, sept. 2000), en manière d'hommage :
"Je me suis dit qu'après je monterai dans la colline qui n'est pas rassurante et qui pourtant m'appelle. Le soir, elle a une présence en creux. C'est comme si on pouvait la traverser pour aller dans son envers.
Tout est déjà passé, mais tout était là. Un décor en équilibre, comme l'intérieur de plusieurs vies simultanées, comme l'intérieur d'une bulle de savon, comme si l'évolution, les millénaires de labeur et de sophistication n'avaient eu pour fin qu'un instant d'équilibre..." Antonin Potoski

04:35 Publié dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (0)