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10/11/2017

Moirures XVIII

XVIII

 

C'est dans ma tête        dans chaque cellule
qu'elle se glisse l'enfance tienne
et qu'elle joue les centaures d'automne
de tous côtés           comme les clignements
d'un œil de feu sur les murs de la chambre
            fine se déchire
                                cette bouche
où se lovent les raisins de la mer
une île de sel y puise avec délice
le goût de la fraîcheur
un demi-dieu la traverse        à ras de ciel
empruntant la couleur de la colline
sa légèreté de liège flotte face au livre de la dernière nuit       
phrases scellées        lettres jamais envoyées

il me souvient
jour après jour

à même le blanc des pages
de ces instants sans qualité
sans arrêt le lézard
                          traverse la muraille de ton désir
comme au-dedans me prend
me déchire
novembre        dans l'obsession des jours plus courts
entre les feuilles éparpillées sur le secrétaire
nous revenons à nous-mêmes

et sous le glacis du tableau qui me toise
l'espace de quelques secondes apparaissent
les repentirs           la toile de fond
la fin d'un monde entrevu
qui s'abandonne
sombre

 

Daniel Martinez

10:17 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)

04/11/2017

Moirures XVII

XVII


Le ventre de la lune       entre les rives du temps
cette dérive de l'espace dans la profondeur indifférente
derrière les rideaux de serge écrus
puis-je nommer ce qui enveloppe nos corps
si ce qui nous dilate
n'est pas nous         mais hors
le continent du dedans
dessous la langue du poème

là où la fissure arpente
un doute un trait un souffle
                                         absorbés aussitôt
par la soif aux mille bouches
dans l'âcre balancement
de ta présence              en ce lieu intervallaire
séparant l'eau de l'eau pour dire
et redire la mémoire du jour qui vient se poser sans façon
             enfin l'iris     qui de lui-même naît
        semblable à un essaim
exsudant sa lumière.


Daniel Martinez

23:28 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2017

Moirures XVI

XVI


Première gelée blanche ce matin
un air si froid pulsé par des gorges d'oiseaux
                 une pie esseulée sur le bouleau pourpre
quête les premiers rayons

celui que j'ai planté il y a tant
                 suit de visage de l’Être
     petit goût de sang dans la bouche
j'entends le lumineux silence se confondre
avec les vapeurs du café brûlant
dans le bol de porcelaine
           confondues aux pages
du Tao-tö king feuilleté à main gauche
     On façonne l'argile pour faire des vases,
     mais c'est du vide interne
     que dépend son usage
d'ici à loin le vivant t'entretient
de la lutte trop inégale
du lierre tiaré de ses fruits glauques
et de la matière même de la mousse
sculptée sur le tronc du merisier
par la main d'un maître anonyme

quand l'esprit
ramène à soi la nasse de l'infini

            la toile déchirée des disparus
et la plénitude versatile des noisetiers
vingt et mille notes d'or flambent soudainement
            ouvrent sur l'ombre parfaite
que dédouble le portillon de cristal.


Daniel Martinez

09:07 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)