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23/12/2015

Le Fennec (Renard des sables)

Carnet Saharien

Le Fennec

FENNEC.jpg

Dessin à la mine de plomb de Pacôme Yerma

 

Du sable, la tête qui dépasse
marquée de grands yeux sombres ;
fixe,
le regard, au-delà du feu blanc
descendu des fibres de la nuit
sous le fléau de l'invisible perspective
lui, Fennec, jamais ne semble
souffrir du Soleil
qui frappe pierres et sol
et vrille le bleu intense.

De ce côté, dans l'espace mort de la parole
il sait profiter de la plus petite ombre
que chérit l'épineux. Un écart des paupières,
il est là, se tapit comme un lièvre
le menton enfoui presque
un murmure, un petit cri
un sifflement qu'est-ce ? :
d'étranges sonorités dont la trame
ne forme pas ancrage
mais nomme la fissure de la roche, là.


Moustaches fines
époussetant le hasard
fourrure et poussière,
un trou dans le jour aveugle :
son terrier, vrai labyrinthe
d'où sort le museau noir,
un verbe de mouvement.

D'un coup, l'échine qui se fige
avant que de se déployer
s'il chasse pour son compte la gerboise
projetant les griffes
et le cri, un jappement aigu :
puis l'étreinte mortelle de la mâchoire
pour foudroyer la proie élue.
La victime alors, dépecée longuement.


Figures multiples de la nature,
qui se moque bien de nos sentiments
quand elle est, une fois le décor planté
un rappel des temps anciens
sous nos yeux jugeant cruel le prédateur
alors même que nous en tolérons
sans cesse par le monde,
sous le vernis de la culture
les apparences sauves.

                                  Daniel Martinez

23:52 Publié dans Arts, Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2015

Le Saint-Pierre

saint pierre blog.jpg

dessin de Pacôme Yerma

 

   Un peu du bleu froid que l'on boit
   du frisson sableux qu'élucide
   en son approche le Saint-Pierre
   revient aux girandoles de l'abîme.


   A la surface dansants
   des cercles concentriques
   l'oeil éberlué du poisson
   lorsque d'un seul éclair il s'argente
   les voilà sublimées, les perspectives :
   les algues seraient fougères
   au souffle d'un peuple de harengs
   qu'il a suivis d'instinct
   laissant aller sa mâchoire mobile
   pour capter la chair du monde
   parmi le halo d'étoiles filantes.


   Entre les rayons longs
   de la nageoire dorsale
   par jeu les filaments saluent
   d'une musique abstraite et pure
   l'aura des îles oubliées
   et bris de vases par les fonds
   cherchant appui consolation.


   Tête proéminente dans le secret
   des royautés déchues
   des chapelets d'air
   déchirent la membrane liquide :
   le mythe est-il inscrit
   sur les flancs du Saint-Pierre
   dont on dit que l'apôtre le saisissant
   lui imprima au côté
   ces deux ocelles noirs
   nimbés d'un anneau jaunâtre ?


   Vive empreinte d'une enfance
   sous le calque des mots
   qui disent à leur façon l'autre rivage
   scintillant agité bruissant
   quand la lumière sans pourquoi
   éclaire les profondeurs.


                                        Daniel Martinez

15:59 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (0)

27/11/2015

Le Guépard saharien

        Là-bas, cracheur de soleils
        il guette entre les dunes
        au coeur du Grand Sablier
        non la clé du ciel
        mais ce que la dernière nuit
        aura laissé d'apparent
        en emportant tour à tour
        on ne sait trop où
        les herpes du temps qui passe
        dont Guépard il perçoit
        les lignes mouvantes ou pétrifiées
        sur le verre peint d'un massif
        plus roux que son pelage
        où frétille la courte crinière
        qui lui couvre la nuque, l'épaule
        une robe rêche tachée de gris
        - fixant sa proie, sans crier gare
        l'arc déployé d'un corps svelte
        frappera d'un coup
        la gazelle Dorcas
        dans le vide absolu
        de l'Ancien Monde.

                          Daniel Martinez
                                         
28.11.15

10:51 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (0)