241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/11/2019

Quelle est l'origine de l'expression "Trier sur le volet" ?

Lorsqu'une personne effectue une sélection rigoureuse avant de faire son choix, on dit parfois qu'elle "trie sur le volet". Une expression qui tire ses origines de l'agriculture céréalière au Moyen-Age. A l'époque, le "volet" (ou "voilet") désignait en effet le voile qui était utilisé pour fabriquer des tamis, afin de trier le grain. Ce tissu était si fin et si léger qu'il pouvait "voleter" au vent. Puis, le terme "volet" a évolué au XVe siècle, pour faire référence à l'assiette en bois dans laquelle les femmes triaient les pois et les fèves selon leur fraîcheur, leur taille et leur forme.
François Rabelais a ensuite lui-même utilisé dans Pantagruel (1532) l'expression "triés comme beaux pois sur le volet". Avec le temps, la locution est sortie du domaine agricole et son sens a fini par s'étendre.

29/03/2019

L'origine du mot "hasard"

La rencontre fortuite d'un ami, au détour d'une rue, une somme d'argent que l'on gagne au jeu...
Le terme "hasard" s'applique à de nombreuses situations imprévisibles de la vie quotidienne. Ce mot dont la sonorité nous est désormais familière, nous vient de la langue arabe et plus particulièrement de la locution "az-zahr". Elle signifie "dé" ou, par extension, le "jeu de dés". Au temps des croisades, au Moyen Âge, ce passe-temps avait été en effet découvert par les croisés, qui s'ennuyaient ferme pendant le siège d'un palais syrien et ont commencé à y jouer.
Le mot a ensuite été rapporté par les chevaliers, et il est apparu dans les écrits du chroniqueur de l'époque, Guillaume de Tyr (1130-1186), archevêque de son état.
Plus tard, le mot "hasard" s'est répandu dans la langue française et s'il a continué de désigner le jeu de dés, son sens s'est peu à peu élargi.

29/08/2017

Le féminicide, une spécificité humaine

Question a été posée à Françoise Héritier, anthropologue, professeure honoraire au Collège de France - que je remercie pour ses lumières en ces temps où la bonne conscience oblige : "En quoi les comportements meurtriers de l'homme se distinguent-ils de ceux des animaux ?" :

L'homme est la seule espèce où les mâles tuent massivement les femelles de leur espèce*. Les animaux connaissent, certes, des hiérarchies et se livrent à des combats, mais rarement entre mâles et femelles, et ces derniers ne battent pas délibérément ni ne tuent les femelles de leur groupe.

C'est là, me semble-t-il, un point important : il signifie que le comportement d'agression des hommes à l'égard des femmes dans l'espèce humaine n'est pas - contrairement à ce que le sens commun croit - un effet de la nature animale et féroce de l'homme, de sa bestialité en quelque sorte. Mais au contraire une conséquence de ce qui fait sa différence, qu'on appelle conscience, intelligence ou culture.
C'est parce que l'humain érige des systèmes de pensée intelligibles et transmissibles qu'il a construit celui validant la violence jusqu'au meurtre à l'égal des femelles de son espèce, et qu'il continue à le légitimer et le transmettre. L'humain est bien doué de raison, mais c'est justement cette capacité qui le conduit à avoir un comportement déraisonnable ! Car si les femelles ne sont pas tuées par leurs congénères dans les autres espèces, c'est vraisemblablement en raison du "gaspillage" en termes d'évolution que ce comportement implique.

___________
* Selon l'ONU, une femme sur deux victime d'homicide dans le monde l'a été des suites de violences infligées par son partenaire ou un membre masculin de sa famille, contre seulement un homme sur vingt mort pour les mêmes raisons.

 

------------------------faites passer je vous prie---------------------