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31/10/2020

Journal indien 3

Une vision qui n'a rien que de très réel pourtant : des milliers de singes ont mis en coupe réglée Shimla, une ville touristique du nord de l'Inde. Ses 160 000 habitants et les visiteurs pareillement sont harcelés par une bonne cinquantaine de groupes de singes, qui volent les sacs de nourriture, pillent les déchets et mordent les passants.
Même les visiteurs venus admirer le temple de Jakhu, doté d'une des plus grandes statues du dieu singe Hanumân, se voient dérober leurs lunettes ou tout ce qui brille. Alors que les singes sont révérés dans ce pays majoritairement hindou, les autorités ont lancé une campagne de stérilisation, "seul moyen de contrôler leur population".
Mais les animaux ont déjà commencé à s'habituer aux tactiques pour les attraper avec des bananes ou du pain, laissés dans une cage. On n'aura jamais fini d'évoquer le règne animal. Et, dans ces périodes d'incertitude sanitaire, le cœur me point à la pensée de ce que l'espèce humaine a contribué à créer, en détruisant peu ou prou ce qui constituait la biodiversité sur notre Terre.
L'Inde où passant, à la découverte d'un monde qui m'était jusqu'alors inconnu, j'ai vu se dessiner sous mes yeux un univers où la nature compte pour un élément essentiel de la vie, où le religieux se mêle au profane pour restituer à l'homme sa dimension perdue... Ci-après, la statue du dieu singe et son masque, pour accompagner. Que la paix règne sur le monde, à l'image de ces femmes et hommes dont beaucoup vivent dans une situation "précaire" pour les Occidentaux mais qui gardent par-devers eux l'espoir, subtil ferment d'à venir.
Amitiés partagées, Daniel Martinez

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20:13 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2020

Journal du re-confinement I

Chers tous,

Il est temps de faire avec vous le point. Nous allons vers un re-confinement dit "adapté", avec les risques sociaux et économiques sous-jacents, mal mesurés par l'institutionnel. Le secteur culturel, qui reste de longue date le parent pauvre de notre budget, a été rudement mis à mal ces temps-ci par la suppression d'à peu près tous les salons et marchés prévus dans la capitale en septembre/octobre, côté Poésie en particulier : la dernière en date étant celle du Marché de la poésie, qui a vu ses subventions diminuer dans la foulée !... Est-il besoin de le préciser, l'iniquité étatique dans le domaine est patent. Faut-il pour autant baisser les bras ? Sans l'ombre d'une hésitation, je réponds : non.

De mon côté, je continuerai d'alimenter le blog régulièrement. Vous pourrez, pour celles et ceux qui le désirent, me suivre sur les terrains vastes de la poésie ou de la littérature. Je vous ai déjà, lors du premier confinement, livré quelques-uns des titres des livres qu'abrite ma bibliothèque ; je continuerai donc, sans coup férir. Je mettrai en pages dans le même temps le numéro 80 de Diérèse, et ce n'est pas une mince affaire, croyez-le bien.

Sachant que la vie est un bien précieux, mais que sans la liberté d'être, de partager et d'exprimer ses passions elle serait un vain mot. Ceci dit, politiser la chose ne m'intéresse guère ("on ne joue pas de piano à une vache", me disait, enfant, mon aïeul). Nous préférons, mon épouse et moi-même, faire œuvre utile et initier Gaëlle au solfège. Toutes affaires cessantes, ce sont nos actes et leur portée qui nous qualifient, dans le symbolique autant que dans l'événementiel. La création, et ce à quoi elle renvoie, est à ce prix.

Prenez soin de vous, et que vive la poésie, plus que jamais ! Amitiés partagées, Daniel Martinez

05:16 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)

23/10/2020

"La Chine est-elle (encore) une civilisation ?"

En descendant le boulevard Saint-Michel, lu, tout près d'affiches encollées à la va-vite : "L'iniquité au pouvoir, c'est la décapitation du savoir". Comment faire fi de l'actualité directe, où la notion de savoir-vivre s'effacerait, face à un irrationnel figé qui voudrait à toute force prendre le pas sur le rationnel au lieu de se donner les moyens de composer avec lui ?
... Nous sommes de facto entrés dans une ère tout aussi inquiétante, anxiogène que procédurière à l'excès, où l'échange même (avec l'autre) tend peu ou prou à devenir conflictuel dès qu'il touche à certains domaines "réservés", où la liberté de chacun poserait question a priori. D'où ces réactions en chaîne, à partir desquelles la force animale voudrait se défier de ce que Rousseau appelait "le contrat social" ; ou encore récuserait cette phrase admirable de Baudelaire : "Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière." La matérialité excessive de notre vécu social semble par effet retour provoquer ces débordements et distorsions auxquels nous assistons, impuissants, voire médusés, de nos jours plus que jamais. Face à cela, existe-t-il, néanmoins, un pouvoir équitable ? Poser la question c'est déjà y répondre.

Place Marcelin Berthelot, suis entré au Collège de France pour y suivre une conférence donnée par la fille de François Cheng, avec pour sujet : "La Chine est-elle (encore) une civilisation ?". Je reprocherais à Anne de ne pas avoir défini d'abord ce qu'est au juste une civilisation : pour discuter plus à propos de ce territoire immense que les dirigeants actuels de la Chine voudraient pouvoir qualifier d'État-nation. Or les valeurs mêmes que porte la civilisation, ici vieille de cinq mille ans (ou plus) peuvent-elles se fondre avec le politique, avec les régimes successifs qu'a connu l'Empire du Milieu. La démonstration d'Anne Cheng tendrait à prouver le contraire. Et, fort justement, que le savoir politique ne peut-être que l'une des composantes et non l'essentielle pour donner un fondement cohérent à la notion de civilisation, faisceau convergeant contribuant à un mieux-être collectif et individuel, qu'il nous appartient de conceptualiser pour mieux l'accompagner. Cette formulation claire apporte une réponse directe et pertinente à la question qu'elle se/nous pose, à juste raison.
Si déclin d'une civilisation il y a, il pourrait se loger dans une mise sous le boisseau du savoir, au seul profit du politique, dont les vérités sont si fluctuantes qu'elles tentent de canaliser une pensée qui ne servirait pas, directement ou indirectement, sa cause. Reprenons Nietzsche, cette phrase entre toutes : "Nous avons l'art afin de ne pas périr de la vérité." Beaucoup de nos nouveaux illuminés feraient bien de s'en inspirer, à défaut de la comprendre tout à fait.
Amitiés partagées, Daniel Martinez

16:28 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)