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28/10/2018

Malcolm Lorry (1909-1957)

Bonjour à toutes et à tous,

Tandis que je me morfonds à l'idée de ce qui va arriver au Brésil dans les heures qui viennent (et qui m'empêchent de dormir sur mes deux oreilles), une page dominicale de mon Journal, avec un petit retour au Malcolm Lorry de mon adolescence qui écrivit Under the Vulcano (Au-dessous du volcan) pour changer d'air, un tant soit peu.
Un roman paru dix ans avant qu'il ne nous quitte et dont je ne vous conseillerai pas la traduction du coquet Jacques Darras, mais bien celle publiée dans la collection Folio/Gallimard (n°351) en 1973 : traduit de l'anglais par Stephen Spriel aidé dans sa tâche par Clarisse Francillon et revue par l'auteur, qui en a signé la préface.

Dans un poème postérieur à la parution de son livre, il se confie, Malcolm Lorry, en remarquant que le succès dudit ne lui convient que très peu (doux pléonasme) et qu'il aurait mille fois préféré se garder des feux de la rampe. Mais écoutez-le plutôt :

       Le succès est tel un horrible désastre
       Pire que notre maison brûlant, lorsque s'effondre
       La toiture, les craquements se répètent
       Devant vous, impuissant témoin de votre perte.

       La gloire, ivresse, consume la maison de l'âme
       Révélant que vous n'avez travaillé que pour elle -
       Ah, n'avoir jamais connu ce traître baiser,
       Dans l'ombre pour toujours, travailler, échouer.


Malcolm Lorry


Tiens donc, un confrère m'a envoyé récemment un (mauvais) traducteur de Mario Luzi, que j'ai remercié poliment, par respect pour l'auteur. Le monde revuistique subventionné est décidément étonnant dans ses pratiques et je n'en finis pas de le redécouvrir... Qu'importe : "e la nave va" (Giuseppe Ungaretti). Ceci dit, combien périlleux le passage d'une langue à l'autre, d'une culture à l'autre, d'un texte à l'autre.

Bribes
d'un poème qui me vient à cette heure sans crier gare, pour contrecarrer le côté (s)ombre de nos vies :
     Plongé dans l'intuitive intuition d'un bonheur autour de quoi tournerait la terre. D'un bonheur, propre aux poètes, et qui ne garderait de l'histoire que son aptitude à nous fasciner, de loin en loin. Ici retrouvé, au hasard des mots qui nous sont force de vie, ce qui dans l'absolu permet de garder espoir.
Amitiés partagées, Daniel Martinez

04:59 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)

28/09/2018

Une page de mon Journal

"La poésie, cet art de sourire à l'imminence du précipice", écrivait Bertrand Poirot-Delpech in Diagonales (Gallimard, 1995). Manière de célébrer le corps des choses défaites, comme s'il s'agissait de rayonner dans un espace de réconciliation, un ultime butin prélevé sur la catastrophe orchestrée du monde. Que serait-il, ce monde où nous évoluons cahin-caha, sans la voix du poète ?...
Et tout cet infini qui se renverse, où puiser l'art de dire et de surmonter un temps le présent, où l'on est soi et moins que soi. Où tout indique que l'art le plus noble est bien celui de ne se reconnaître d'autre pouvoir que de tutoyer ces petits riens dont seront extraits les mots mêmes du poème. Les sortant ainsi de l'ombre où ils étaient tapis. Signes de passage, travail de reconnaissance dans le champ de gravité des possibles. Paraissent les pierres comme des graines à germer : fouiller et prélever dans ce que l'écriture agence à mesure, sans que jamais le mot de la fin ne lui appartienne. Amitiés partagées, Daniel Martinez

(28 septembre 2018)

10:43 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)

21/09/2018

Tisser le silence : une page de mon Journal

         Vendredi 21 septembre 2018

     Dans Recherche de la base et du sommet, René Char écrivait : "En ce temps-là, il y avait si peu de pain à manger que Braque supprima le pain, mais rétablit le blé." ("Octantaine de Braque"). Ce retour à l'essence rappelle, dans un registre certes plus concret, ce que convoient les veines dans la chair jusqu'au dernier souffle, invisible à l’œil nu et pourtant.
     En poussant ce matin les épais volets de bois de la chambre, laissant entrer un jour glauque (le tout premier de l'automne) j'ai revu ce qu'une main preste avait tracé au marqueur la veille au soir sur une affiche publicitaire, en gare de Nogent-sur-Marne : "La consommation ne sera jamais justifiée par la poésie. Brûlons les idoles !" Tout à fait.
     La conscience du monde : voliges de peuplier tremble. Ces formes chuchotent, bavardent, soliloquent. Vivantes, elles palpitent. Et réfléchissent ce qui nous aveugle. Aujourd'hui plus qu'hier. Amitiés partagées, Daniel Martinez

10:49 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)