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14/04/2017

John Keats (1795-1821), traduit par Jean Rousselot

When I have fears I may cease to be
    Before my pen has glean'd my teeming brain,
Before high-piled books, in charactery,
    Hold like rich garners the full ripen'd grain ;
When I behold, upon the night's starr'd face,

    Huge cloudy symbols of a hight romance,
And think that I may never live to trace
    Their shadows, with the magic hand of chance ;
And when I feel, fair creature of an hour,
    That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the feary power
    Of unreflecting love ; - then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
    Till love and fame to nothingness do sink.

                                John Keats

 

Quand j'ai peur de cesser d'être avant que ma plume
N'ait extrait tout le grain de mon cerveau fécond
Avant que ne s'amasse en maints et beaux volumes
Tels d'opulents greniers la parfaite moisson,

Quand je contemple au front étoilé de la nuit
Les symboles brumeux d'un céleste poème
Et songe que la vie peut-être m'aura fui
sans qu'inspiré j'aie su tracer leurs ombres même

Et quand me vient l'idée, éphémère beauté,
Que jamais plus je ne pourrai te regarder
Ni jamais savourer le don d'amour sublime,

Alors sur le rivage du monde sans fin
Je reste solitaire à méditer au point
Que jusques au néant Gloire et Amour s'abîment.

                                 adaptation de Jean Rousselot

08/04/2017

Jean Rousselot nous parle du poète hongrois Gyula Illyés - Institut hongrois, 29 novembre 2002

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Ce texte a été imprimé pour la première fois dans la revue Diérèse.

30/01/2017

"Minimes", de Jean Rousselot

En octobre 2003 a paru aux éditions Les Deux-Siciles, le tout dernier livre publié de son vivant par Jean Rousselot : "Minimes" (sortes de "Maximes" inversées), en voici quelques-unes pour les visiteurs de ce blog :

J'ai commencé par une erreur : naître dans une famille misérable. Comment cela s'est-il changé en orgueil ?

Parce que feu mon père avait construit son véhicule, le boucher ambulant me donnait parfois une tranche de bavette.

Je ne me suis pas fait moi-même. Je me suis inventé.

J'ai travaillé dix heures en moyenne par jour et n'ai toujours pas un maravédis.

Vous n'avez pas à rendre meilleurs vos semblables. Seulement à tenter de vous perfectionner un peu.

Rien n'est futile dans la nature. On ne saurait en dire autant des hommes.

Vue de plus près, l'histoire est un roman stupide.

Je dépense, donc je suis...

Nous avons l'usufruit du monde entier mais nous ne savons qu'en faire, hormis l'abîmer chaque jour un peu plus.

Pour moi, vivre fut une impardonnable imprudence.

Même les saints font des cauchemars.

Je ne sais pas me cacher quand je pleure.

Ah, si l'on pouvait transiger avec le mépris que la nature nous voue !

Dans toute mort volontaire, il y a du théâtre.

Dans l'être, la pensée ne tient au cerveau que par un fil de la vierge.

On peut faire n'importe quoi avec des mots mais on est incapable de fabriquer une rose.

Un peu comme le Roquefort, les bonnes idées ont besoin de pourrir pour devenir excellentes.

Beaucoup de nos prétendus intellectuels sont des imbéciles. Je crains d'être du nombre.

Je ne me suis vraiment jamais aimé.

                                                                    Jean Rousselot, in Minimes
                                                                        éditions Les Deux-Siciles