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01/06/2017

Un édit du Bouddha

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¤ Que ces reliques bouddhistes

telles des pierres précieuses

gardent ta demeure

semblable à un palais
habillé d'or et de lumière  ¤

29/05/2017

Les quatre stades de la pensée

BLOG V.jpg

1- L'équation du passant pensant repose sur le Mythe du Phénix, dont le bec vient chatouiller à petit feu, sous la calotte crânienne, les méninges en veilleuse. Tête nue, il observe, silencieux ; en quête du moment propice . De la moelle des jours, il vise un point particulier : fusion virtuelle de l'Alpha et de l'Oméga.
2- Puis, la tête de profil : entre virginité et amusement, le stade des Murmures administre et recense. La pensée en gésine offre alors l'illusion d'un musée de la souffrance.
3- Sous l'arbre de Van Gogh vient la pluie des étoiles frapper le troisième gong. Et les feuilles volent leurs nuances aux mélèzes médusés.
4- La quatrième marche est l'ultime : le visage s'enfonce dans le col du pardessus, là même où des mouchoirs brodés agitent les idées dans le cornet à dés neuronal, sans fin, sans fin. DM

22/05/2017

"La part du sable"*

D'aucuns prétendent que l'époque est opaque, à l'évidence ils n'ont pas tort. Je dirai même : opaque au carré. Car personne ne semble en mesure de dire exactement pourquoi nous n'y voyons pas clair ! Démission des clercs, c'est presque de l'histoire ancienne...
La liste est longue des repères perdus, des idéaux en panne et des dangers nouveaux. Celles des certitudes demeure presque vide. Ou bien se transforme au fil de l'eau, des courants, ce qui revient au même. Face à ce paysage de brume, monotone et faussement chatoyant, les attitudes sont diverses.
Certains continuent d'avancer, en affirmant nettement qu'ils savent comment s'en sortir. D'autres s'efforcent de décrire les fines particules de l'air ambiant, espérant qu'une observation attentive livrera quelques indices. Quelques-uns s'efforcent de creuser le sol pour trouver sous nos pas les traces d'anciens chemins, porteurs peut-être de réorientations possibles.

Plus encore : cette subjectivité moderne, cette redéfinition de la notion de monde face à l'individu et réciproquement, comment s'est-elle constituée ? Il en est beaucoup pour penser qu'elle provient uniquement de Descartes. Il convient de nuancer cette idée cependant. A côté de la conscience cartésienne et du type de sujet qu'elle définit, existe en effet une "autre voie", repérable dans la constitution historique du sujet de droit. Avant Descartes, et donc indépendamment des répercussions de son œuvre métaphysique, les jurisconsultes sont conduits à élaborer à leur manière les notions de sujet, d'humanité, de dignité. Ils doivent dire en quoi consiste cet homme dont ils affirment qu'il est porteur de droits. L'évolution de cette élaboration oblige les penseurs à distinguer clairement des concepts que nous avons fâcheusement tendance à croire équivalents : individu, personne, sujet.

En fait quel est le problème qui nous touche directement ou indirectement au jour d'aujourd'hui ? Le cœur de notre contradiction, c'est l'impossible juxtaposition de la dignité humaine, constamment réaffirmée, et du sujet personnel, de plus en plus livré à l'abandon. Nous ne manquons pas de souligner la nécessité de respecter la personne humaine et nous faisons tout, par ailleurs, pour annuler son existence. Comment opère cette démolition du sujet ? C'est en effaçant la frontière séparant l'humain de l'animal ; en laissant chacun faire ce qu'il veut quand il veut ; en estompant ou en annulant le sens de la responsabilité ; en touchant à la vie, depuis ses origines jusqu'à son terme ou dit tel, par tous les procédés médicalisés que l'on sait... Nous entrons dans une nouvelle ère de "glaciation" conceptuelle, en étant les sujets (actifs) de notre propre fin. DM


* titre d'un livre de Georges Henein (1914-1973)