241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/07/2018

La fiancée du vent

KOKOSHA BLOG.jpg

 Kokoschka, Oskar – Die Windsbraut, 1913
Kunstmuseum Bâle

La fiancée du vent
(légende allemande)

 

Dans un moulin du petit village de Bingen, sur la rive gauche du Rhin, vivaient un meunier veuf et sa très séduisante et coquette fille âgée de vingt ans. La blonde Marguerite, après ses luxueux atours, n’aimait rien tant que ses promenades, particulièrement à l’orée de la forêt où, un jour qu’il chassait, le fils du vieux roi, séduit à sa vue, la demanda très vite en mariage. Le père de la jeune fille, arguant les risques d’un mariage mal assorti, refusa son consentement : il avait choisi pour elle Hans, un jeune marchand de farine de Rotterdam qui d’ailleurs devait très bientôt remonter le Rhin sur son embarcation, “La Belle Hollandaise” : colère, pleurs de Marguerite vite retirée dans sa chambre où, ruminant de mauvaises pensées, « sur le coup de minuit », elle reçut la visite d’un Elfe au service du Vent. "Messire le Vent, lui dit-il, l’avait déjà en grande affection".
Elle fit donc entrer dans sa chambre – par la fenêtre ouverte -, au matin, Monseigneur le Vent qu’elle supplia de faire en sorte que “La Belle Hollandaise” ne parvînt jamais à Bingen, ce que promit le Vent à condition qu’elle lui fût fidèle. Contrat conclu, mais la Belle pensait par devers elle qu’elle dompterait facilement son nouveau prétendant.
Aidé par Bourrasque, Aquilon et Africus, le Maître des vents rejeta la barque en perdition dans l’Océan glacial arctique, rapportant à son retour des brassées de tulipes à Marguerite qu’il enlaça, la couvrant de vigoureux baisers (humides des eaux du Rhin). Et tous les jours désormais, elle trouva sur le rebord de sa fenêtre le bouquet des plus belles fleurs cueillies par le Vent.
Le meunier, de guère lasse, ne voyant pas venir Hans, consentit finalement au mariage princier.
Au moment où, dans la chambre – en haut du moulin -, le fils du roi prenait Marguerite par la taille et s’apprêtait à l’embrasser, une tornade enleva les deux fiancés dont on n’entendit plus jamais parler à Bingen.

Pacôme Yerma

ж

02/07/2018

A livre ouvert

La fluidité initiale des mots qui composent un livre est un peu à l'image de la vie, forts de ce flux nourricier ils en gardent l'empreinte. Le monde continue de parler à travers eux, figés qu'ils paraissent sur les pages blanches. Porteurs de lumière et de mystère, l'auteur leur a donné leur chance : elle persiste, au-delà du corps étranger qu'ils génèrent, ces mots, car ils ont été, pour le meilleur, les nôtres. DM

22/04/2018

Un poème inédit de René Char

Ce que vous ne retrouverez pas dans La Pléiade, et pour cause, mais qui a été publié in Diérèse !...
Bon dimanche et à bientôt.

J'avance dans la maquette du numéro 73.
Amitiés partagées,
Daniel Martinez

 


     Il se prédit des lentes algues dans mon sang
     La méduse échoue sur mes plages
     et se dissout
     au nom de la parole

 

René Char

(Poème autographe sur une page in-4)