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19/10/2020

La lente dérive du "petit luminaire", autrement dit : la lune.

"Je vous le répète, la distance de la Terre à son satellite est réellement peu importante et indigne de préoccuper un esprit sérieux. Je ne crois pas trop m'avancer en disant qu'on établira prochainement des trains de projectiles, dans lesquels se fera commodément le voyage de la Terre à la Lune." N'en déplaise à Jules Verne qui, en 1865, met ces propos optimistes dans la bouche d'un des héros du roman De la Terre à la Lune, n'en déplaise à Cyrano de Bergerac qui, deux siècles plus tôt, voulait se couvrir de rosée pour que la force actionnant les marées océaniques l'emporte vers la planète sélénite, n'en déplaise à Edgar Poe qui envoyait Hans Pfaall conquérir la Lune en ballon, les charters pour notre satellite n'ont pas encore été institués.

La faute à l'attraction terrestre, mais aussi, quoi qu'en dise Jules Verne, à la distance qui nous sépare de ce qui est nommé, dans la Genèse, le "petit luminaire", celui qui, par comparaison avec le "grand luminaire" - le Soleil -, préside aux nuits : 384 400 kilomètres en moyenne. En moyenne seulement, car les attractions conjuguées du Soleil et de notre planète pas vraiment ronde - sans compter celles des autres planètes - déforment sans cesse l'ellipse théorique que devrait emprunter la Lune si la Terre et elle étaient seules au monde. Au périgée, la planète sélénite se trouve à 358 842 km de la Terre ; elle peut s'en éloigner jusqu'à 405 758 km.

Inexorablement, le couple que forment la Terre et son satellite se distend. La friction des océans sur le fond, due aux incessants mouvements de marée, se traduit par un ralentissement de la rotation terrestre et une augmentation de la durée du jour d'environ 30 secondes par... siècle. "L'effet de ce ralentissement est transmis au moment cinétique de l'orbite lunaire", écrivent Nathalie Cabrol et Edmond Grin dans le "Que sais-je ?" consacré au sujet (P.U.F. n°875). Pour être plus concis, notre satellite s'éloigne de nous à raison de 3 centimètres par an.

07/10/2020

Sous l'arbre de vie : les quatre stades de la pensée (Daniel Martinez)

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1- L'équation du passant pensant repose sur le Mythe du Phénix, dont le bec vient chatouiller à petit feu, sous la calotte crânienne, les méninges en veilleuse. Tête nue, il observe, silencieux. En quête du moment rêvé : la fusion virtuelle de l'Alpha et de l'Oméga.

2- Puis, la tête de profil : chuchotis plus que chant, le stade des Murmures administre et recense. La pensée en gésine a l'éclat froid du mercure. Le fruit du houx est une larme de sang.

3- A tire-d'ailes la pluie des étoiles vient frapper le troisième gong. Et les feuilles, et les cosses qui claquent volent leurs nuances aux mélèzes médusés.

4- La quatrième marche est l'ultime : le visage s'enfonce dans le col du pardessus, là même où des mouchoirs brodés agitent les idées dans le cornet à dés neuronal, sans fin, sans fin. DM

16/05/2020

"Plus loin", de Daniel Martinez

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Les langueurs vertes la tête ruisselante
à la longue chevelure blanche
de la cascade qui bruit glacée
et rien qu'elle pour déchiffrer
dans la brûlure de l'été
le froissement d'un ciel
les rires en pluie au plus beau
de la forêt où dévêtus
nous sommes remis à nous-mêmes
les pieds dans les fougères
pêle-mêle sans défense
à la sarabande odorante
des mousses feuillues
traversant les temps


L'eau te couronne
cerclée de saules
de fleurs menues dont les pétales
sont des perles qui grappillent les chairs
toutes images nomades
inspirées par la géométrie fondante
et sous le dôme d'or neuf
le secret des grands feux
enfin révélé
toi joueuse d'arc
à la courbe
du cimeterre
gorge froide où paressent des poissons-chats
à faire défaillir les herbes attentives
dans un monde aplani
où les places se gagnent



Daniel Martinez