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05/02/2018

Focus sur la librairie familiale de Salzwedel

En 1944, quand Elga Weyhe (née en 1923) a commencé à travailler dans la librairie familiale de Salzwedel, bourgade d’ex-Allemagne de l’Est, Hitler mettait encore l’Europe à feu et à sang. Soixante-quatorze ans plus tard, à 95 ans, la plus vieille libraire du pays est encore très fringante. "J’avais beaucoup de rêves étant jeune et ils impliquaient toujours des livres", raconte à l’AFP cette descendante d’une famille passionnée de littérature. Sur le pont six jours sur sept, Elga Weyhe porte en elle au moins autant d’histoire que ses étals, son commerce ayant survécu à deux dictatures, nazie puis communiste. "J’ai essentiellement stocké des œuvres d’histoire, pour que les gens sachent ce qui s’était vraiment passé." Lorsqu’on l’interroge sur sa retraite, la libraire qui ne s’est jamais mariée et n’a pas d’enfant, se fait mystérieuse. "Ça pourrait être aujourd’hui comme demain ou encore dans un moment…"

10:42 Publié dans Librairie | Lien permanent | Commentaires (0)

10/10/2016

La Petite Librairie des champs

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La Petite Librairie des champs est née en 2008 de l'envie de faire se rencontrer autour de la poésie éditeurs, poètes et lecteurs. Éditeurs de la petite édition bien entendu.

Envie aussi de donner un espace non institutionnel à ceux qui aiment la poésie.

En liberté, en échange, sans exclusive ni chapelle.

Un lieu où la poésie entrerait et où chacun pourrait écouter dire et échanger.

Une maison et un jardin.

Une maison assez grande pour y faire entrer des poètes, leurs lecteurs, leurs éditeurs.

Pour apprivoiser ceux à qui elle fait encore peur, ceux qu'elle intimide comme ceux qui la fréquentent depuis toujours.

Nous avons reçu les poètes Julien Blaine, Daniel Biga, Claire Cuenot, Anne-marie Jeanjean, James Sacré, Claude-Louis Combet et Joël-Claude Meffre, Pierre Autin-Grenier, Hélène Sanguinetti, Dominique Sorrente, Cécile Guivarch, Rémy Checchetto, Nathalie Riera, Jacques Estager, Paul de Brancion, Brigitte Gyr, Angèle Paoli, Pierre Soletti, Muriel Vertischel, Anne-Lise Blanchard, Cédric Le Penven, Yann Mirallès et Jean-Clair Bonnel, Aurélia Lassaque et Jean-Damien Roumieu, Sandrine Cnudde, le poète sud africain Denis Hirson, la poète italienne Lucetta Frisa, la poète mexicaine Karla Olvera et l'écrivain finlandaise Kristina Haataja et j'en oublie.

Nous avons reçu le 7 juin 2015 le poète Armand Dupuy et le plasticien Aaron Clarke.

En septembre 2016, Béatrice Machet, Sandrine Cnudde et Stephen Bertrand.

Ainsi que des peintres et musiciens et de nombreux éditeurs.

Chaque année nous fêtons le Bloomsday et Joyce !

 

Le texte écrit à l'occasion de l'ouverture :

LA PETITE LIBRAIRIE a ouvert ses portes le samedi  27 SEPTEMBRE 2008 au MOULIN BRULE, à BOULBON.

 

Associative et placée sous le double signe de la passion et de la poésie.

Passion pour le livre, passion pour la poésie, passion pour ceux qui écrivent, ceux qui publient, ceux qui lisent.

En ces temps de solitude télévisuelle et d’invasion d’images agressives, nous souhaitons inventer une nouvelle manière de diffuser et d’échanger autour du livre, de la poésie et de l’art dont le besoin est pour nous une évidence et que nous souhaitons non seulement mettre au centre de notre vie mais aussi de notre maison.

 

Cette manière, nous l’avons trouvée chez Stéphane Landois de l’Atelier du Hanneton à Charpey dans la Drôme, dans l’atelier de Jacques Brémond à Montfrin et chez bien d’autres résistants d’ici et d’ailleurs.

C’est elle qui nous guide et nous pousse à ouvrir cette petite librairie de campagne, à Boulbon, au bout de trois départements, dans cette maison déjà ouverte au spectacle vivant.

Partager notre goût des livres, des textes et aussi de ceux qui les font vivants, poètes, éditeurs et lecteurs, voilà ce qui nous anime.

Car une maison ne sert pas seulement à habiter, à s’abriter, à dormir et à se tenir au chaud.

Elle peut aussi ouvrir un monde et nous en donner la clé : devenir une petite librairie pour un salon ne sera pas trop difficile et une métamorphose en valant une autre, nous pourrons habiter autrement le salon devenu la Petite Librairie de Campagne.

Notre désir : que la poésie soit présente, vivante, active, que l’art soit représenté au travers de ses liens avec le livre, que la petite édition trouve dans la petite Librairie un lieu où être accueillie pleinement.

 

Un lien: article du journal Le Monde : Article publié le 15 Août 2008 Par Thomas Wieder.

 

Source : Le Monde des Livres

 

  Extrait :

Elle concède volontiers n'avoir « aucun sens des affaires » et on la croit sur parole. Il faut dire que, pour se lancer dans la vente de livres, Sylvie Durbec n'a pas choisi l'emplacement le plus stratégique. Au milieu des vergers, à l'écart de la départementale qui relie Avignon à Tarascon, non loin du joli village de Boulbon : c'est là, dans le vieux moulin qu'elle habite avec son mari depuis une dizaine d'années, que cette ancienne professeur de français s'apprête à ouvrir, fin septembre, sa « petite librairie ». L'idée est née il y a quelques mois, au lendemain d'un grave accident de voiture. " Les livres m'ont sauvée", avoue-t-elle.

 

Le lien de la Petite Librairie: http://petitelibrairiedeschamps.blogspot.com

 

Merci à Sylvie Durbec, et que vive la poésie, D M

23:50 Publié dans Librairie | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2016

Adrienne Monnier et La Maison des amis des livres

Femme à part dans le monde des lettres, je vous ai déjà présenté Adrienne Monnier (1892-1955), sans vous parler toutefois de sa célèbre revue Le Navire d’argent. Sachez déjà qu’elle ouvrit sa librairie de la rue de l’Odéon en 1915, il était possible d’y emprunter des volumes. Elle y organisa des lectures : le lieu fut bientôt fréquenté par des habitués tels qu’Apollinaire, Aragon, Breton, Cendrars, Léautaud, etc… C’est chez elle que Jean Paulhan trouva la revue Dada et qu’ainsi André Breton et Aragon eurent connaissance de ce mouvement d’avant-garde. Grâce à Sylvia Beach, Adrienne Monnier s’intéressa de près à la littérature anglaise et soutint Joyce dont elle publia l’Ulysses en édition originale. En 1924, elle fut chargée de l’administration de la revue Commerce, mais, brouillée avec Léon-Paul Fargue (cf note blog du 08/7 et 18/7/2014), elle fonda sa propre revue Le Navire d’argent, à laquelle furent associés sa compagne Sylvia Beach (librairie Shakespeare & Company) et le jeune Jean Prévost, ancien élève d’Alain et ami de Saint-Exupéry. L’expérience fut une réussite sur le plan littéraire, mais ruina Adrienne Monnier qui dut vendre en 1926 sa bibliothèque personnelle. Heureusement, ses auteurs « amis des livres » rachetèrent pour elle la majorité des volumes et manuscrits dédicacés vendus.

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Le Navire d’argent fut une passerelle entre les littératures françaises et étrangères. Elle compta 12 numéros, tirés à 120 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma (dont 20 hors commerce, que signait Adrienne). On y trouve des textes de Marcel Arland (cf note blog du 12/7/2014), Valéry Larbaud, Blaise Cendrars (extrait en préoriginale de Moravagine sous le titre « Le principe d’utilité »), Chamson, Claudel, Duhamel, Giraudoux, Hellens, Montherlant, Romains, Soupault, etc. mais également les premières traductions françaises de textes de Cummings, Hemingway (qui put grâce à cela lancer sa carrière en France), Lawrence, Reyes, Rilke, Svevo, Whitman, Yeats…

Retenir pour vous deux fascicules à présent : j’ouvre le numéro 5 en date du 1er octobre 1925 pour y découvrir un texte de James Joyce, extrait de ce qui deviendra Finnegan’s Wake, texte d’abord refusé par la revue londonienne The Calendar par crainte de poursuites judiciaires, qui paraîtra néanmoins en volume séparé en 1928 à New York, puis à sa place dans Finnegan’s Wake, en 1939. C’est en fait la préoriginale d’Anna Livia Plurabelle, chapitre VIII de Work in progress, titre programmatique du célèbre livre de Joyce.

Puis le numéro 11, en date du 1er avril 1926, où l’on peut lire ni plus ni moins que la première publication de Saint-Exupéry, « L’Aviateur »,version primitive de Courrier Sud, roman publié plus tard, en 1929.

                                                                                               Daniel Martinez