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10/08/2019

Pierre Dhainaut, "Voix d'ensemble", Les Deux-Siciles, mars 2002 (Fontainebleau), 75 exemplaires c/o Daniel Martinez, 8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière

Un poète d'importance, Pierre Dhainaut : précisément celui qui m'a donné envie d'écrire en poésie comme on cueillerait à la volée des poignées d'écume, sans façon. A l'oreille encore, une façon de retrouver entre les lignes, dans l'écoulement des vers, le chant de cette huppe entendue en rêve, ou dans un demi-sommeil, celui de l'enfance, primordiale.
Mais trêve de digressions, lisez plutôt de que dit Lucien Wasselin de Voix d'ensemble. Amitiés partagées, Daniel Martinez

* * *

Pierre Dhainaut donne à lire une mince plaquette qui regroupe deux suites de poèmes de forme assez différente. Le poème n'est pas seul à respirer est composé de 8 poèmes assez amples qui courent chacun sur une page. Que ce soit sur la pierre, le sable, le ciel... est une suite de 24 tercets assez indépendants les uns des autres (tant ils ressemblent à des aphorismes, une suite à l'image de la liberté de composition qui est celle de Pierre Dhainaut) mais qui forment un tout traversé par une logique rigoureuse, par le regard que porte le poète tant sur le monde qui l'entoure que sur son activité d'écriture...

Pierre Dhainaut explore toujours le domaine qui est le sien : un paysage extérieur autant que mental, traversé par le souffle, celui de l'art, mais aussi celui du corps  :
     "Et que ce soit le corps,
      la lande, l'air doit passer."
Mais ce paysage est aussi celui de l'écriture, de la poésie, car c'est aussi dans la poésie que le souffle s'incarne. Qu'est-ce qui fait aller à la ligne ? Qui fait que le souffle se coupe ? Quelle volonté ou quel obstacle ? Le ton est grave car la mort est nommée. Mais devant la plage, devant la page, la vie est la plus forte :
     "Pourtant
      tu continues"
affirme Pierre Dhainaut. Poésie empreinte d'un profond accord avec le monde, non celui de la marchandise et du spectacle, mais celui des éléments naturels dans lesquels s'inscrit le corps, celui "des veines du bois" ou "d'un vol d'hirondelle" dont il faut s'inspirer... Poésie où gravité et sérénité sont les deux faces d'une même réalité : la vie.


Lucien Wasselin

06/07/2019

"Minimes" de Jean Rousselot, éditions Les Deux-Siciles

Ce sont ici les premières "Minimes" publiées par Jean Rousselot dans Diérèse, avant qu'elles le soient en livre, aux Deux-Siciles :

 

Tenir le pas gagné coûte si cher qu'on recule vers un désespoir dont, au fond, on ne sait rien.

C'est de chagrin en chagrin que je me suis gravi.

Même l'huître a un cerveau. Qui sait s'il n'est pas plus raisonnable que le nôtre.

Le désert gagne de plus en plus de terrain sur la terre. Seul espoir : qu'il n'en aille pas de même en nous.

Pas de fourberies dont la science ne soit capable.

Je voudrais bien renaître en un monde qui s'apprête à mourir.

Je me satisferais de revivre au temps des gabarres, des feux de camp, des nids de poule sur des routes blanches.

Cette grève illimitée, la mort.

Fourrer de l'esprit dans les choses, c'est risquer d'en devenir une soi-même avant terme.

Je me crois plus d'instinct que d'intelligence.

Heureux temps où l'on pouvait acheter des indulgences.

Un vieux soulier pouvait servir de frein aux pataches de nos rouliers et de nos rois.

Les rails qui finiront bien par se rejoindre derrière l'invisible horizon nous donnent une idée de l'espérance.

Le langage ne serait-il que la clôture sérieuse dont le cultivateur entoure ses terres ?

Ce sont parfois les mots qui pensent à ma place.

Les athées vertueux adorent la vertu sans savoir comment la définir.

Ma jeunesse aurait duré plus longtemps si je m'étais fait moins souvent les griffes sur elle.

Alors qu'en moi je vais de surprise en surprise, rien ne m'étonne où que j'aille : singes dans la neige, tombeau de la Chrétienne en plein désert, oliviers centenaires arrachés pour cultiver des légumes.

De tout ce que j'ai fait que reste-t-il ? A peine quelques bûches dans le boissier, un peu de lait caillé dans un bol. J'aurais au moins voulu quelques tisons, l'amour d'un chat.

Dans la nuit des temps clignotait une utopie, l'homme.



Jean Rousselot

03/06/2019

"Mille milliards de collages" de Bruno Sourdin, éditions Les Deux-Siciles, 13 collages couleur inédits de Claude Pélieu et Mary Beach, Paris, juin 2002.

L'un des fleurons de la collection Riviera, tiré à 40 exemplaires en juin 2002. Claude Pélieu devait nous quitter 6 mois après la parution de ce livre où Mary Beach et l'auteur de "Trains de nuit" se confient à Bruno Sourdin, dans une étonnante proximité. Sans masque et sans façon, ils lui font part de leur fureur de vivre et de créer.

SOURDIN PELIEU  BLOG.jpg

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Le 9 août 2002

Cher Daniel Martinez,

     Oui, merci pour ce deuxième ex. de votre beau livre sur les collages de Claude Pélieu et de Mary Beach, intéressant à voir autant qu'à lire, ce qui est rare.
     Je vous remercie de votre proposition de collaborer à Diérèse, beau titre ambigu (séparation-union simultanées). Mais j'aimerais en recevoir un exemplaire, pour voir de quelle manière je pourrais m'y insérer, pour y opérer ma propre "diérèse". Extrême éloignement et extrême proximité doivent en effet se conjuguer plus fortement que jamais.
     Merci à l'avance ! Et bien cordialement à vous,


Alain Jouffroy

     P.S. Je fais aussi des collages, mais également des assemblages, et ce que j'appelle des "posages", dont quelques-uns sont reproduits dans mon livre, assez récent : Ode à André Breton, publié aux éditions d'Aldébaran. Directeur Laurent Campagnolle, 8 rue Bernard Gaubert, 22700 Gaubert (tél : 02- 32 45 05 59). [Maison créée en 2001, actuellement sise à Bordeaux, ndlr]