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04/11/2018

Les Elégies de Richard Rognet

C'est la première des neuf élégies, manuscrite, que je vous donne à (re)lire ici-même, ensemble inédit avant sa publication par la B.M.I. d’Épinal, en mars 2013. Alors que les élégies d'un Jude Stéfan sont plutôt "sèches", celles de Richard Rognet sont lyriques (comme je les aime). L'ensemble desdites Élégies seront reprises in Élégies pour le temps de vivre suivi de Dans les méandres des saisons chez Poésie/Gallimard (Poche, le 13 nov. 2015). Ajoutons que ces deux auteurs ont publié dans Diérèse. Amitiés partagées, Daniel Martinez.

 

ROGNET BLOG.jpg

On a beau chercher, sous la neige récemment
tombée, les traces du dernier été, on ne touche
que le noir terrible des taupinières désertées,
on est orphelin des journées dont la lumière


grisait les oiseaux et les fleurs, et surtout
de ces hautes transparences qui filent parmi
les branches et qui ressemblent tant aux cris
poignants des souvenirs. On cherche sous la


neige, on ne cesse pas de chercher quelque
chose qui sauverait la maison des interminables
regrets qui rampent, avec les heures vides,


sur les objets où le père, où la mère, ont
laissé leurs empreintes et cette espèce de
mystère qui n'en finit pas de nous foudroyer.


Richard Rognet

20:01 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2018

Huitième élégie : En pays muet

Les mots passent aussi
avec ce livre qui s'efface
dans son écriture même
tandis que le vent de mer balaie
des éclats diamantés
avec la riche alliance des roches nues
parmi l'écume parmi tes mains


Elles plongent pour évincer qui
ne saurait voir les images
aller et venir dans le Texte
retrouvé là en pays muet
que je veuille en ôter l'ombre
Il se remet à me parler
en étincelles d'eau


Rien n'arrête vraiment
ce mouvement continu
du dedans au dehors
la présence bleutée l'apesanteur
et les révolutions sans prise
la permanence des Vanités
traversées de sursauts immobiles


Le sable à présent nous piquait la peau
jusqu'au sang c'était au large de l'île
c'était hier comme aujourd'hui

et tout cet infini de blanc
qui se renverse
avec le bruit mat un peu lointain
d'une embarcation coupée au fil
du temps il fut le mien


Il fut le nôtre frotté de doutes
et de vouloir mêlés
resté fidèle au frémissement
qui ce soir pendant que la pluie étire
un essaim d'instants
ruisselle dans l'Ouvert


Daniel Martinez
1er novembre 2018

19:46 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

Emmanuel Hocquard

Élégie VII, 1

 

13 janvier 1989       rappelle-toi
          la peinture de jardin
          sur les murs des viridaria
& l’intérieur des pièces closes
          l’une entièrement à fond noir
la partie basse découpée en figures géométriques
          en partie haute des colonnettes
          scandaient l’espace d’un verger
deux saules       un grenadier       un bassin vide
          l’autre pièce à fond bleu
montrait des touffes de végétation      autre jardin
          rempli d’arbres mais aussi de statues
                                                  de tableaux
          Ariane endormie à Naxos visitée par Dionysos
et sur l’entablement d’ouvertures fictives
          un ibis       une pie       un rouge-gorge
          alternant avec des urnes
dehors
          rappelle-toi
les ruines       l’herbe sèche       le soleil de trois heures
         la fatigue
         & la maison du poète magique
         cave canem

 

Emmanuel Hocquard

08:41 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)