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30/07/2018

Un poème de Georges-Emmanuel Clancier

De Georges-Emmanuel Clancier, qui nous a quittés le 4 juillet :

 

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         Où vont-ils ?
         Où résonnent-ils
         Tes pas somnambules ?
         Contre quelles dalles
         En quel dédale ?
         Inscrit, tu le sais,
         Moins sur la pierre ou l’eau
         Qu’en une étrange lueur,
         Celle d’un rêve éveillé du temps.

         Mais le temps,
         La ville ensorcelant
         Délire ensorcelé elle l’a
         Depuis si longtemps piégé le temps.
         Ainsi triomphante émerveillée et vaine,
         En silence, à la dérobée, les pieds nus,
         Ici de nouveau vient s’en va la vie.
         Elle avance ou s’efface et retourne
         Et s'enfuit triomphale et vaine merveille
         Offrant ce sourire que nul jamais n’avoue
         Signe d’une enfance en secret blessée.

                             Georges-Emmanuel Clancier

15:42 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

En tout sens II

Si l'évidence même de ce monde était trompeuse
si la vie que l'on croit pouvoir nommer n'était
qu'une intuition familière qu'il nous reste à comprendre
comme les senteurs de la nuit l'odeur des racines
et les gravures de la terre d'un coup percée de rayons
sous la volupté des yeux qui la fixent avec docilité
dans la patience calme


Le soleil trace le contour de mes pas
chaque chose tourne sur elle-même
les ondoiements des fourrés
l'immense gerbe des nuages
qui signe sa dédicace

ne désigne que ce qui nous échappe
elle réveille une légèreté d'air subite
la richesse signifiante
dans l'inattendu qu'elle aura capté


T'arrêtant çà et là pour sentir girer au fond de toi
les idées prises dans le filet des émotions
les gouttes d'eau des doigts se poser
sur le flou des âmes en partance

quand par les trouées se dessine une voûte
où sinuent
des veines ombrées
où les jaspes le disputent aux moulures


Puissante vision celle qui te porte
dans la graphie
d'un mouvement continuel
dont la figure répétée
serait l'idéogramme ou le signe


Daniel Martinez

10:41 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2018

En tout sens I

Le fleuve lent avant sommeil baisse les yeux
et verse au cœur de toute chose
sur les deux mains du poème
ce limon qui renaît se métamorphose
la terre monte en lui elle transfigure
un vaste champ de couleurs nouvelles inconnues
qu'un biset égaré déchire en un voile d'or
sourd aux injonctions nuageuses
c'est un arbre qui brûle entre les lèvres du soleil
ses racines sont au lieu de mémoire
elles sont le point ultime où l’œil et les doigts
dessinent une poésie antérieure au langage
ouverte sur l'univers entier
piqué de gouttelettes de sang
menstrues de l'aube
échappées d'un noyer couché sur le flanc
et sous sa chevelure surgit une première lune
une autre maintenant évase la vision
sur les rives en rêve
l'eau se respire au-dedans
le réel n'advient qu'entre les lignes du regard
rimes et rythmes emportent
une haute géométrie où vont boire
les vieux mythes de l'humanité
la forme même de la lumière
quand chaque mot en toi se déploie
réinvente l'immense corps
où tout loge jusques au murmure
de tes lèvres aux miennes
.


Daniel Martinez

10:13 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)