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15/08/2018

Ode à l'Eté

Grain invisible de l'instant
sous le grand tilleul

bourdonnent nos voix
avec le tremblé des lignes

chacune effaçant l'autre
le collier autour de ton cou
une fumée d'herbes au loin
les racines torturées
inexorablement liées
à la douce courbe fermée
de la vie
au premier
tremblement de l'air
ce feu pâle sur ta joue



Saisir la pesanteur comme qui
suspend son souffle quand
sur la pierre effritée se lisent
les variations de la colline
la plus petite aiguille flotte
l'ombre des choses pures
abrite de vieux langages

infime fourmillement
sous les paupières
du dedans
au dehors
arbres ciels
silencieux
sur le grand balancier


Daniel Martinez (15/8/18)

18:11 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

07/08/2018

En tout sens V

Les vents de mer balaient
le temps court jusqu'aux confins s'il en est
liquidité du sang battant le rythme même
de la vie et précieux arômes en suspens
qui se déposent sur les gravures de la chambre
au moment où le soleil frappe le carreau
la peau du monde un gonflement de voile au loin
jour de cantates et de fugues
sable fuyant des mots
murmure des rochers où s'épuise l'écume
ta main trace un signe dans l'espace
peu à peu changé en flamme
l'odeur de la mer chatoie
comme le désir que tu suscites en moi
se propage dans l'extrême somptuosité
du bonheur quand il se donne
dans le jeu des chaleurs
comme l'ombre lumineuse
cherche à se défaire de la prison des surfaces
je croise et décroise les doigts
avec les envols et atterrissages de nuages d'oiseaux
le son flûté des courlis nous accompagne
tant que bourdonnent les voix
et que vrillent les Spirorbes bleus
peints par Wols en quarante-huit
pour exprimer les puissances du sol
d'insectes et de résines mêlées
dans un singulier frémissement
là où revivent les chimères


Daniel Martinez

11:39 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

04/08/2018

En tout sens IV

La flamme de la lampe
à travers la toile
et le clair transfiguré d'abîme
où diriger l’œil le faire passer
dans la douleur de la couleur
une odeur de corps et d'herbe passe
ne dites rien laissez tourner autour
la mort invisible le silence plus vide
la douce encombre des pierres à terre
où ne poser le pied qu'à peine
iris blancs iris mauves
et cris d'enfants dans la cour
bouquets d'abeilles perdues dans les végétations
la rame de bambou toute seule se balance
ne dites rien de grâce laissez venir
le désir avant la césure et le saisissement
la fraction d'un temps pour l'inscrire
qui cristalliserait dans l’œil
des particules de pensée
pour n'en garder que la quintessence immobile
les caractères mages d'un livre
resté grand ouvert le front contre la table
sommes-nous par nous-mêmes
mendiants d'espérances
et de vocables en apnée
quand tout au-dedans brûle
de notre infinitude
le fleuve peut-il changer de sens
quand ses fleurs de sable
nous brouillent le visage
non ne dites rien d'autre
que la cendre claire
dans l'entre-deux du jour


Daniel Martinez (4/8/18)

09:05 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)