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23/09/2016

La disparition de Sylvie Brès

Zéno Bianu écrit, à propos de la poète Sylvie Brès :

Sylvie Brès
nous a quittés
apaisée
le mardi 20 septembre 2016,
après s’être battue depuis dix ans
contre la « longue maladie ».

 

« Les poèmes de Sylvie Brès
ont la beauté et la vérité des sources »,
disait Yves Bonnefoy,
sensible à la façon dont
Sylvie s’attachait sans relâche,
par on ne sait quel ultime tour de force,
à métamorphoser la maladie en poème.

 

Tu les entailles

au diamant

tes mots

tu leur voudrais

tant d’éclat

mais les voilà qui saignent

et rien ne peut arrêter

cet épanchement.

 

(Cœur troglodyte,
Castor Astral, 2014)

15:15 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2016

Histoire de la vie de Johnny Friedlaender IV

Une mutation s'opère dans l’œuvre du graveur à partir de 1950. Son langage devient alors semi-figuratif (notamment avec L'Orage -1950, Paysage boisé -1951, Paysage au soleil bleu -1955...) ; puis abstrait à partir de 1957, avec L'Herbier, une aquatinte sur cuivre. Écoutons Brigitte Coudrain : "Avec l'aquatinte ou "sucre" au pinceau, Johnny a souvent, pourrait-on dire, gravé comme un peintre par petites touches ou formes qui étaient pensées en couleur, obtenant parfois des "crevés" volontaires pour les fonds de ses grandes planches décomposées en trois cuivres, toujours gravées en creux et pour lesquelles il utilisait la technique du "report" afin d'obtenir une exactitude parfaite."

C'est en 1949 qu'il sera exposé pour la première fois à La Hune (Paris), galerie à laquelle il demeurera fidèle, pour lui confier en 1958 ses premières aquarelles. Parallèlement, les musées de Tokyo, Neuchâtel, Genève, Lucerne (1951), ... São Polo (1953) l'accueillent. En 1952, il acquiert la nationalité française et consent à voyager en Allemagne. Johnny s'arrête à Colmar pour y voir le Retable d'Issenheim. Il accomplira plusieurs fois le voyage à Colmar : pour toute sa vie, Grünewald reste le plus grand peintre et le Retable, le premier tableau du monde.

Friedlaender fait en 1954 la connaissance de Brigitte Coudrain, il se rend en Allemagne avec Fid et Brigitte. C'est Brigitte qui survivra à Fid et deviendra alors la compagne de Johnny, Brigitte Coudrain qui m'a communiqué ces éléments précieux, tant biographiques que nécessaires à une meilleure approche de l’œuvre, dans sa globalité. L'année 1956 est celle de l'ouverture vers les USA, où il expose, d'abord au Cincinnati Art Museum puis au Museum of Art de Cleveland. L'année suivante, son atelier de gravure est transféré impasse Cœur de Vey. Prix Bianco e Nero à la Biennale de Lugano - d'autres prix suivront.

En 1966, Friedlaender reprend la peinture, abandonnée en 1940. Son intérêt pour l’œuvre de Victor Segalen le pousse à illustrer Stèles, un petit joyau !... Expositions et rétrospectives s'enchaînent désormais, jusqu'à la fin, celle de sa femme Fid, en 1988 et la sienne, le 18 juin 1992, à Paris. Quatre catalogues raisonnés ont paru. Vie intense entre toutes.       Daniel Martinez

 

FRIED 21.jpg

Autoportrait, 1968, aquatinte sur cuivre, 17,4 x 14,4 cm

21/09/2016

Histoire de la vie de Johnny Friedlaender III

Johnny Friedlaender est arrêté en septembre 1939 au stade de Colombes (comme réfugié allemand) alors que sa compagne, Fid, est prise lors de la rafle du Vel d'Hiv ; il est transféré dans différents camps d'internement (Meslay du Maine, Vidauban, Les Mées, Les Milles).
Il s'enfuit et se retrouve finalement à Marseille, où les Dominicains le protègent et lui commandent des affiches. A Marseille, au café Le Brûleur de Loups, en face du vieux port, les artistes et intellectuels traqués ou réfugiés se retrouvent : Friedlaender y croise Marc Chagall, Paul Eluard, André Breton et Arthur Adamov... Johnny essaie de proposer des portraits dans les cafés; il s'y fera arrêter. Mais il sera aussi protégé par les Dominicains. Ni Fid, ni Friedlaender n'ont à ce moment les moyens pour émigrer en Amérique, comme d'autres artistes.

Après la Libération, il demeure une année dans les Basses-Alpes où il réalise un cycle de douze gravures, Images du Malheur, pour l'éditeur Sagile. Il illustre quatre livres des frères Tharaud. Revenu à Paris, Friedlaender s'installe impasse du Rouet où il se consacre essentiellement à la gravure ; il travaille alors pour plusieurs revues dont Cavalcade, Carrefour...

En 1948, il se lie d'amitié avec Nicolas de Staël. C'est aussi l'année de son mariage avec Fid.
Dans les locaux de l'imprimerie Georges Leblanc, il s'associe au buriniste Flocon et ouvre un cours de gravure. Leblanc lui permettra d'habiter au 187 de la rue Saint-Jacques, à quelques pas du Panthéon.
Johnny se lie d'amitié avec le graveur Jacques Villon ainsi qu'avec le peintre Roger Bissière (voir sa lettre, note blog).

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