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21/07/2017

Marcel Arland (1889-1986)

Vous parler aujourd'hui des "Carnets de Gilbert", livre qui a suivi ou accompagné Marcel Arland pendant près de 40 ans. Il est juste quadragénaire lorsque lui est décerné le prix Goncourt pour "L'Ordre", Gilbert en est le héros. Dans ses essais intimes, le romancier, nouvelliste de renom et critique qu'il fut, publie en 1931, à 212 exemplaires, ces fameux "Carnets de Gilbert", illustrés par Georges Rouault (éd. Gallimard). En 1944, suit un deuxième tirage, à 1150 exemplaires cette fois. En 1960, ledit Gilbert revient en scène, dans "Je vous écris" (éd. Grasset) avec Carnets d'un Personnage, majuscule à la clé. Ces Carnets continuent leur vie aux éd. Jacques Dopagne, avec un tirage à 110 exemplaires, in "Qui parle?", en 1965. Enfin, ornée d'une eau-forte/portrait de Jean Bazaine et de trois eaux-fortes originales de Janine Arland pour les exemplaires de tête, la dernière mouture des "Carnets de Gilbert", qui compte maintenant quatre parties, a été imprimée le 18 novembre 1966 sur les presses de Gaston Gallimard, à 2600 exemplaires. Sur la première page de l'un des 100 ex. hors-commerce (celui-ci avec dédicace), on peut lire :

                               pour Roger Vrigny

       de L'Ordre à La Musique

         des Anges une route

          assez longue, assez dure,

            et qu'en reste-t-il ?

               Votre ami.

                  Marcel Arland

ARLAND.jpg

Rappelons s'il en est besoin, que Marcel A. (qui sut redonner un souffle nouveau à la NRF après l'inquiétant passage de Drieu La Rochelle aux commandes de la maison) met en scène dans "L'Ordre" un génie destructeur, Gilbert, qui cause le malheur de son demi-frère et de la femme qu'ils chérissent tous deux. DM

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19/07/2017

Jean Tortel (1904-1993)

L’œuvre de Jean Tortel occupe dans le paysage poétique du vingtième siècle une place plus importante qu'il n'y paraît. La notoriété n'a peut-être pas suivi, comme il arrive souvent. Il n'empêche : aux côtés de Guillevic, d'André Frénaud et même de René Char, il a donné, par la poésie, un accès irremplaçable au monde visible et sensible. Moins lapidaire que le premier, moins métaphysicien que le deuxième, il évite, à la différence du poète de Fureur et mystère, certaines tentations sentencieuses. Il faut encore citer, dans la proximité de Tortel, les noms de Jean Follain et surtout de Francis Ponge. Avec ce dernier, il partage le goût et l'intelligence de la langue, de son aptitude à rendre quelque chose de la préférence du réel.

Comme René Char, Jean Tortel est un homme du Sud, enraciné dans sa terre. Il est né dans le Vaucluse, à Saint-Saturnin-lès-Avignon, de parents instituteurs. Receveur de l'enregistrement à Gordes, où il se marie en 1926, il passe sa vie entière sous cette lumière méditerranéenne qui imprègne sa poésie. C'est en 1931 que paraît son premier recueil, Cheveux bleus. A partir de 1938, il participe à l'aventure des Cahiers du Sud, avec Jean Ballard, Léon-Gabriel Gros et Joë Bousquet. Il découvre à cette époque les richesses de la poésie préclassique française, Malherbe, Scève (auquel il consacrera un essai en 1961). Les titres des livres de poèmes de Jean Tortel situent bien la nature de son art poétique : Relations (1968), Limites du regard (1972), Instants qualifiés (1973) chez Gallimard : Des corps attaqués (1979), Arbitraires espaces (1986), Précarités du jour (1990), chez Flammarion, pour ne citer que ses tout derniers.

Jean Tortel, et ce n'est pas son moindre mérite, ne s'est jamais installé dans une forme, ou dans des formes immuables. Sa modernité, il a su l'affirmer en actes, par le mouvement et la métamorphose constante de son écriture. Son influence parmi les poètes plus jeunes témoigne de cette modernité.

La sécheresse n'est, dans la poésie de Tortel, qu'apparente. Elle est le moyen de contourner les tentations d'un lyrisme qui ne parvient pas à se contrôler. La sensualité, l'amoureux regard, l'attention à toutes les vibrations du réel, donnent à la voix du poète une tonalité que le formalisme n'entrave jamais.

     "Le dehors est masse taillée
     Par l'aveuglante vitre où se cassent
     Plusieurs soleils non acceptables
     Les yeux saignant
     Le regard découpé."

                  in Les Saisons en cause, éd. Ryoan-ji, 1987)

En 1991, Jean Tortel publiait un journal poétique, Progressions en vue de (Maeght Editeur), dernier signe d'un regard en éveil.


Patrick Kéchichian

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16/07/2017

Patrick Laupin, pour accompagner juillet

       En hommage à ce poète et à cet essayiste, né en 1950 à Carcassonne, publié à La Rumeur Libre, une petite acrylique de "derrière les fagots" (dixit mon grand-père paternel, qui fut d'abord chaudronnier et m'enseigna l'art de souder à l'acétylène : cette fameuse petite flamme bleue telle une pluie de lunes sur les charnières remises à neuf du grand portail ; au cœur des solstices, de purs ferments d'éternité). Mais d'abord, page 19 du "Jour l'aurore", paru chez Comp'act, et réédité en janvier 1987 :

          le jour l'aurore

          les arbres tremblent

          comme un délire

          le langage le monde

          ne nous appartiennent pas 

Puis, en page 47 :

elle frôle les marches de grès sous la lumière abrupte de juillet glisse légère à travers les ocres les ombres brûlées les terre de sienne pour descendre encore plus loin laissant derrière elle la grande embrasure blanche la terre verte l'après-midi sans recul sous le poudroiement de l'été


Patrick Laupin

 

ACRYLIQUE BLOG.jpg

L'éclat des choses, acrylique, Daniel Martinez

 

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