241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/04/2019

Marelle du ciel

Ma chère Lucie,

Le printemps s'éveille enfin aux cantilènes des cerisiers. Le bois des mashiyas se languit au soleil, et les kimonos fleurissent pudiquement dans les rues kyotoyistes. Partout, les Japonais fêtent le retour des cerisiers en fleurs.
Cette euphorie ancestrale est devenue un rituel où le bonheur du renouveau se mêle à la mélancolie d'un passé, éphémère.
Cela s'appelle le humami.
Je t'écris ces quelques mots depuis le port de Honmura à Naoshima. A l'Est la mer de Seto, et à l'Ouest encore la mer de Seto. Je pense à nos moments partagés, à cette amitié dont le souffle ne peut s'éteindre.
Que le temps de nous revoir ne se perde dans l'étincelante traînée du Soleil.
Bisous et à tout bientôt,
D-S.

16/04/2019

"Sonnets" de William Shakespeare (1609)

L'un des plus remarquables, parmi ceux traduits par Jean Rousselot, extrait d'un livre édité par Guy Chambelland le 10 mai 1969. Le temps qui passe, thème éternel s'il en est, écoutez :

 

Like as the waves make towards the pebbled shore,
So do our minutes hasten to their end ;
Each changing place with that wich goes before,
In sequent toil all forwards do contend.
Nativity, once in the main of light,
Crawls to maturity, wherewith being crown’d,
Crooked eclipses ’gainst his glory fight,
And Time that gave doth now his gift confound.
Time doth transfix the flourish set on youth
And delves the parallels in beauty’s brow,
Feeds on the rarities of nature’s truth,
And nothing stands but for his scythe to mow :
And yet to times in hope my verse shall stand,
Praising thy worth, despite his cruel hand.

* * *

Comme les vagues vers les cailloux du rivage,
Nos minutes se précipitent vers leur fin,
Chacune remplaçant celle qu’elle dépasse,
Toutes tentant, à grand ahan, d’aller plus loin.

La naissance, éclair bref dans le flot de lumière,
Vers l’âge mûr s’élance et là est couronnée ;
Perfide éclipse, alors, sa gloire vient défaire,
Et le temps lui ôter ce qu’il lui a donné.

Le temps transperce l’ornement de la jeunesse
Et creuse de sillons le front de la beauté ;
De la création, il ronge les richesses ;
Rien n’existe qui de sa faux ne soit tranché.

À sa cruelle main pourtant résistera
Mon vers qui te louange et te louangera.

 

William Shakespeare

Traduction : Jean Rousselot

13/04/2019

Une lettre (1/3/2001) et un poème inédit (26/7/2002) de Pascal Ulrich :

ULRICH  100.jpg

ULRICH 58.jpg

 

Salut cher Daniel,


Nous autres de l'Humanité sommes toujours à balancer entre le tragique et le comique et moi, faut que je redessine un bon coup. Ça fait au moins une semaine que je n'ai rien dessiné, enfin que je n'ai pas dessiné assez longtemps pour que ça donne un petit quelque chose.
C'est plus fort que moi, la correspondance ça passe avant mes textes et dessins, après faudra pas s'étonner que malgré les dizaines de plaquettes publiées, aucune n'excède 50 pages mais je me fous de ça car ce que j'essaie de faire par mes écrits et dessins c'est de parler à l'Autre et du même coup à moi-même.


Pascal Ulrich