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18/06/2020

Venise au crépuscule

VENISE BLOG.jpg

 

        Venise au crépuscule, parle-moi,

        et que l'eau qui te fonde

        passe en sa paisible majesté

        soufflée sur l'huile du soir

        et que glissent tes bas bleus

        sous les pontons de bois allégé

        toi qui prends pour nous acte du monde

        frottée de doutes et de vouloir

        Venise où toutes formes chuchotent

        bavardent soliloquent et clignent

        comme les feuilles du tremble

        avant que l'air ne s'immobilise

        à même les reflets inquiets

        de la nouvelle lune

        parue là en condensé du temps

        dans le secret de la Figure

 

Daniel Martinez

06:19 Publié dans Variations | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2020

"Né de la déchirure", textes de Michel Diaz avec 32 cyanotypes de Laurent Dubois, éd. Cénomane, 24/4/2015, 96 p., 18 €

Accoudé au balcon du monde, là où rien ne commence et où rien ne finit, sans âge mais sentant toujours le linge frais, le bleu regarde vers le Tout et les si longs lacis du temps qui en s'enroulant se déroule, chargé de silence et de nuit. Charriant une ombre éblouie de cristaux dont s'enveloppe le repos des astres.
Né des sources dont il s'inspire, il exhale de lui un long chant où le ciel s'ouvre comme un fruit sur le sommeil secret mais fertile des profondeurs, où sa voix se confond avec la flûte basse d'un oiseau nocturne, l'aboiement d'un chien à la lune, l'écho d'un pleur d'enfant, le murmure d'un Verbe qui s'est tu à jamais et ne subsiste plus que dans les lents remous de l'air.
Assis dans ces lointains, en bordure d'abîme, le bleu veille au foyer où le temps s'alimente et entretient sa braise sur laquelle, patiemment, il souffle.


Michel Diaz

09:04 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2020

Oiseaux

Sans titre.png

Partir : au bout du sentier
des braises déchirent
le septième arbre
à tant de voix basses répondent
les bourdons de midi
pierres et bourgeons
brûlent des fagots d'azur
arrachés de l'Immense
et dans ta main respire
le vaste buisson des yeux


Le jour jaugeait les rêves
de celle qui me fut mère
trop tôt partie parmi
les grillons à nos côtés
le fleuve est double
qui marche en nous
dans ce qui parle
avec les plus petites branches
de la forêt
dans ce qui gémit telle une bûche
au centre du cercle
dans ce qui porte
les chants de la terre


Tout serait dit à contre-vent
les sarments les épines
du miroir creux des limbes
aux visages de l'âme
depuis la berge
et ses bracelets lents
défaits à mesure
mis à flotter
sur le dessin de ton oreille
fleur rose fleur de sang
château de la nue

 

Daniel Martinez

23:16 Publié dans Variations | Lien permanent | Commentaires (0)