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11/11/2020

"Petit-Duché de Luxembourg", de Gilles Ortlieb, éditions Le temps qu'il fait, 24/4/1991, 32 pages, 40 FF

La brume a dissimulé la brume qui cache les trois lumières,
posées à ras de l'eau, du café "Jean le Pauvre".
Du fleuve jauni pendant la nuit, le débit ne cesse plus
d'enfler, et c'est tout un paysage noyé
qui tressaille au passage des trente-neuf
(je le sais pour les avoir comptés)
wagons des mines, vision pareille et neuve
dans le dérèglement continu de la mécanique
intime. La part de l'ombre ne se laissera pas,
ce soir, apprivoiser. N'importe, sortir et assouplir encore,
par un dernier tour, la phrase de peu de secours.


Gilles Ortlieb

05:23 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

10/11/2020

"Poèmes éparpillés" de Claude Pélieu, in "Diérèse" n°50, Automne 2010, page 108 & 116

Derrière la montagne
la chute des feuilles
est un événement.


Six heures du soir,
le ciel caillé de neige
a repris ses couleurs.


Iris sauvages remués
par la poussière métallique.
Ancolies bleues, digitales,
pavots ventriloques.


Roses-thé, sourires errants,
liserons-lasers, marguerites,
glycines, perles, miroirs d’azur.

* * *

                       pour Daniel Giraud


Dans le sable du temps
je me dis que tout n’est
pas si grave — j’aime partir,
je déteste arriver — les secondes
s’écoulent dans l’œil de l’ouragan,
ressac des flammes sur l’herbe humide.


Poésies chantées et dansées,
les fleurs chassent la peur,
les étoiles demeurent fixes.
Vitesse engloutie par le silence.


N’étant porteur
d’aucun message
Zen fait corps
avec la réalité.
Tout disparaît,
tout demeure.


Claude Pélieu

PELIEU BLOG.jpg

"Cette nuit est l'intérieur d'une bogue", de Jean-Pierre Otte, éd. Le temps qu'il fait, janvier 2019, 120 pages, 15 €

Les ciseaux de l'horloge marquant minuit trente
(et ciseaux aussi les becs écartés
de l'engoulevent et de l'émouchet),
nous sombrons dans un sommeil
de fougères et de fibres serrées.
Par temps d'orage, la foudre
blanchit l'haleine et les ongles,
l'haleine en allée de l'impénitent promeneur,
les ongles, miroirs sans haleine de l'âme.
Mémoire des miroirs, nous reviennent
les figures-gigognes
de ceux que nous avons été
à la faveur des maraudes et de la braconne
du cœur aux quatre poches cardinales.


Jean-Pierre Otte

BLOG DANI.jpg

Dessin de Pacôme Yerma
(fusain et mine de plomb)

06:29 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)