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24/03/2020

Sachons raison garder !

Si j'ai fait mention sans le citer de son vrai nom, du virus pathogène qui a pris des dimensions mondiales dans ce blog, je tiens à dire ici qu'il ne faut pas sombrer dans une hallucination collective, or nous en sommes sur la voie. Médiatisée à outrance, cette pandémie, si elle touche à peu près toutes les classes d'âge, n'est le plus souvent pas mortelle pour les plus jeunes... Elle est par contre hyper-contagieuse, c'est un fait. Quels que soient nos efforts de confinement, ils ne suffisent pas si les gestes barrière préconisés ne sont pas strictement appliqués, sachant que l'usage de gants (de latex) est plus performant que celui des masques passoires que l'on nous incite à porter, même en n'étant pas contaminé, ce qui est burlesque. J'ai vu des conducteurs revêtir ledit masque à leur volant, vitres fermées : il ne leur manquait plus que l'entonnoir inversé sur la tête pour compléter le tableau.

Le traitement à la chloroquine du professeur Raoult (déjà expérimenté, entre autres, et avec succès par Christian Estrosi et par la députée Valérie Boyer) sera sans doute admis comme efficace à plus ou moins long terme (il ne s'agit que d'adapter les dosages, c'est effectivement une médication dangereuse dans l'absolu, mais tout médicament efficace devient un poison quand il n'est pas adapté au particulier). Ce, malgré les réflexes corporatistes du milieu médical et le parisianisme de "bon ton" qui préside à l'exclusion de tout ce qui n'émane pas des maîtres en médecine de la capitale. Il convient donc d'attendre que le ministre de service donne son aval à ce traitement proposé, et que les journalistes, sortant de leur attitude réservée, fassent monter la pression dans ce sens. Et de laisser la vie reprendre ses droits, malgré tout... Quant à l'économique, c'est une véritable catastrophe, dont nous paierons tous le prix fort ; mais plus ou moins, selon notre condition. La fracture sociale est en train de se creuser, inexorablement.

Amitiés partagées, Daniel Martinez

23/03/2020

"Un autre monde", de Bernard Demandre, tapuscrit à paraître dans "Diérèse"

Chers toutes et tous, avec vous par la pensée ces temps-ci et requis par ce terrible mal qui nous frappe (dont on a pas fini de parler, malheureusement), je vous livre les premières lignes du journal d'hospitalisation de Bernard Demandre, dont la disparition m'a plongé dans la peine, vous n'êtes pas sans le savoir. Son Journal, qui paraîtra in extenso dans Diérèse, n'a rien d'un exercice stylistique comme pour le baroque Eric Chevillard (cf son Journal du confinement, en cours). Bien plutôt, il suit l'évolution de sa maladie, analyse l'environnement qui fut le sien, la désespérance et l'attente de jours meilleurs, in fine... Par respect pour les siens, je ne dirai évidemment pas un mot de ce dont il souffrait, qui l'a rongé de l'intérieur, la morphine ayant atténué ses souffrances dernières. Je vous rappelle que le numéro 78 qui lui est dédié, ne paraîtra qu'en mai, l'imprimerie à laquelle j'ai confié le travail (BAT validé in extremis, pour 306 pages à venir) ayant été contrainte de fermer... Amitiés partagées, portez-vous/protégez-vous bien, Daniel Martinez

 

Prélude


J'écrasai la dernière à cinq heures.
J'ignorais alors ce qui allait s'ensuivre. Comme tout le monde dans un cas pareil, j'imagine. C'est ainsi qu'ordinairement ont lieu des phénomènes auxquels nous ne prenons pas garde, embusqués qu'ils sont derrière la conscience, à peine cachés et dont nous apercevrons, plus tard, qu'ils constituaient des signaux, pour ne pas dire des signes, car ce dernier terme nous renvoie trop à un monde inspiré et religieux. C'était, pour le moins, un avertissement. La chose cependant était d'importance. Je le savais confusément à cet instant, tout en ignorant les conséquences de cet événement, la suite cauchemardesque que les choses allaient prendre, la réalité basculant dans la fantaisie, voire dans la fantasmagorie.
En soi cela ne présentait pas de gravité particulière. Ce n'est qu'après, lorsque la dernière restait toujours la dernière, que je me rendis compte, bien plus tard, en quoi cela était devenu un des tournants les plus importants de ma vie. Je ne suis pas loin de penser d'ailleurs que bien de ces tournants ont été pris, non pas grâce à une suite de raisonnements et de déductions logiques, bien projectives et normales sous tout rapport, mais sur des coups de partielle inconscience, sans préméditation et sans projet. Des espèces de retournements internes, bouleversements profonds du corps et de la psyché.

Mais à ce moment-là, il était surtout question du corps dans ce qu'il a de plus basique. Le gros défaut de fonctionnement, la panne définitive qui vous oblige à vous immobiliser et à attendre qu'on veuille bien réparer. L'autre solution eût été de tout laisser sur le bord de la route et de continuer...


Bernard Demandre

21:46 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

"L'instinct du tournesol", de Patricia Castex Menier, Les Lieux-Dits éditions, février 2020, 7 €

        Je
        ne veux pas,

        résolument,

        de
        cette pente toujours possible,

        et
        naturelle, dit-on,

        qui
        nous entraîne vers les ténèbres.

        J'aurai
        l'instinct du tournesol.

        Résolument
        du parti des fenêtres,

        des
        balcons, des terrasses,

        des baies,
        et des verrières,

        des
        toits ouverts.

        Pour
        la clarté

        qu'on
        espère immédiate.

        L'espace
        d'un instant,

        mais
        à répétition,

        qu'il
        soit midi.

        Ainsi
        relèverai-je la tête,

        assouplirai
        la tige de ma nuque,

        et
        boirai le ciel jusqu'aux racines.

 

Patricia Castex Menier

09:12 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)