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26/05/2017

Francis Ponge (1899-1988)

Vous parler aujourd'hui des fameuses "Notes pour la guêpe", écrites par Francis Ponge que l'on connaît mieux sans doute pour Le Parti pris des choses (1942). Pour La Guêpe, il est à savoir que le manuscrit du poète, écrit entre août 1939 et août 1943 - le contexte historique n'y étant pour pas grand chose - comporte 14 pages. Le tout corrigé parut dans la revue de Jean Lescure, Domaine français, sous le titre "Notes pour la guêpe", puis en édition originale à 145 exemplaires chez Seghers en 1945, sous le titre La Guêpe. Irruption et divagations. Le texte figure ensuite dans le volume publié par Henri-Louis Mermod à Lausanne en 1946, L’œillet. La Guêpe. Le Mimosa, avant d'être définitivement intégré dans le recueil La Rage de l'expression, paru chez le même Mermod en 1952.

Fruit d'un travail quotidien, les pièces formant La Rage de l'expression offrent un véritable "journal poétique" des années 1938 à 1944. Francis Ponge écrivait à Gabriel Audisio : "Je travaille encore jusqu'à 2 ou 3 heures du matin chaque jour [...]. C'est l'expression à tâtons. Je me fais l'effet d'être un apprenti alchimiste (ou chimiste) qui continuerait fiévreusement ses expériences de précision dans un laboratoire où l'électricité vient de s'éteindre". Alors proche de Camus, Francis Ponge souhaitait "ramener les yeux des hommes, sans espoir d'un au-delà métaphysique, à la hauteur des choses et de leur "absurdité" acceptée" (Bernard Beugnot), leur faire accepter leurs pouvoirs limités mais réels dans les domaines esthétiques, politiques et sociaux, et travailler sans illusion à "exprimer" la nature pour se l'"accorder". Relisons-le donc :

 

La Guêpe

Hyménoptère au vol félin, souple - d'ailleurs d'apparence tigrée -, avec un corps beaucoup plus lourd que celui du moustique et des ailes pourtant relativement plus petites mais vibrantes et sans doute très démultipliées, la guêpe fait à chaque instant les vibrations nécessaires à la mouche dans une position ultracritique (pour se défaire du miel ou du papier tue-mouches par exemple).

Elle semble vivre dans un état de crise continue qui la rend dangereuse. Une sorte de frénésie ou de forcènerie - qui la rend aussi brillante, bourdonnante, musicale comme une corde fort tendue, fort vibrante et dès lors brûlante ou piquante, ce qui rend son contact dangereux...

Qu'est-ce qu'on me dit ? Qu'elle laisse son dard dans la victime et qu'elle en meurt ?... Je me connais, se dit-elle : si je me laisse aller, la moindre dispute tournera au tragique : je ne me connaîtrai plus. J'entrerai en frénésie : vous me dégoûtez trop, m'êtes trop étrangers. Je ne connais que les arguments extrêmes, les injures, les coups - le coup d'épée fatal. J'aime mieux ne pas discuter. Nous sommes trop loin du compte. Si jamais j'acceptais le moindre contact avec le monde, si j'étais un jour astreinte à la sincérité, s'il me fallait dire ce que je pense... ! J'y laisserai ma vie en même temps que ma réponse, - mon dard...


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BLOG PONGE.jpg

La guêpe et le fruit. 

          Transport de pulpe baisée, meurtrie, endommagée,
          contaminée, mortifiée par la trop brillante
          dorée-noire, gipsy, don-juane.
          Intégrité perdue par le contact d'un visiteur
          trop brillant. Et non seulement l'intégrité, -
          mais la qualité même de ce qui demeure...

                                             Francis Ponge

22/02/2017

La revue "Science Advance"

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il est important que vous sachiez que soixante pour cent des primates sont menacés d'extinction en raison de la dévastation résultant des activités humaines, selon des travaux parus dans la dernière édition de la revue américaine "Science Advance".
Ces espèces sont confrontées à un ensemble de menaces dont la chasse, le commerce illégal d'animaux de compagnie et la perte de leur habitat.

19:41 Publié dans Revue | Lien permanent | Commentaires (0)

"Biological Conservation", février 2017

Dans son numéro de février, la revue scientifique britannique "Biological Conservation" alerte sur les dégâts causés par les humains dans 63% des 229 sites naturels classés au patrimoine mondial de l'Unesco.
Le témoin le plus éloquent de cette empreinte humaine est le recul de la forêt, constaté depuis 2000 sur 91% des sites qui en possèdent. Cette déforestation, conséquence du changement climatique, frappe de plein fouet l'Amérique du Nord.
La forêt du parc national des Lacs-Waterton (entre le Canada et les États-Unis) a ainsi reculé d'un quart, celle du Wood Buffalo a perdu 12% de sa superficie, et Yellowstone compte 6% d'arbres de moins qu'en 2000.
Outre les forêts, le rapport précise que l'impact récent des humains a été particulièrement néfaste au sanctuaire de faune de Manas, en Inde, qui abrite plusieurs espèces menacées, ou encore dans le parc national de Komodo en Indonésie, qui sert d'habitat à 5 700 dragons (espèce de varan) n'existant nulle part ailleurs.