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08/07/2020

Au refuge des Mattes

Parpaings de lave rouge
et quartiers de basalte
sous les hématomes d'encre pâle
que disperse l'orage
tout s'arc-boute
et cette eau qui ligne à ligne
grave les traces du passé
a confondu le nôtre
aux derniers degrés du sommeil
nous les avons conduits à bien
images floues sons ouatés
ce furent les dernières
coordonnées de l'ombre

percée vive par le bleu
d'une robe négligemment

posée sur le vantail
vacillant de l'onde
un rien dans quoi la vie se précipite

avec les remous des orges
des herbes émeraude
et des roses sauvages
le corps de l'air aspiré du dedans
soustrait à l'érosion des jours

 

Daniel Martinez

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03:32 Publié dans Variations | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2020

"Laisse-moi avancer", de Daniel Martinez

Laisse-moi avancer à reculons dans ta mémoire
convergent là lignes de nuit lumière
la lune d'or a semé sur le bassin
huit fleurs de nénuphars
blanches comme tes mains
sous le voûtement sombre de l'allée
qui retient l'âme à la surface de la terre
Laisse-moi lent dans tes gestes
pour donner corps
au silence bleu du premier cercle
à la grande diagonale de l'entre-deux
où le Temps du temps a inscrit son nom
et connaît l'eau qui me cerne la main
porteuse de ton jardin océan
à rosée de bulles affolée d'éther
Laisse-moi voler aux verts friselis
leur vapeur magique les frissons du délire
les desseins des nuées
absente retrouvée
maintenant que tes paroles
sont ces restes d'échos
florules apparues sous la cendre
traversée de signes indéchiffrables

 

Daniel Martinez


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20:23 Publié dans Variations | Lien permanent | Commentaires (0)

18/06/2020

Venise au crépuscule

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        Venise au crépuscule, parle-moi,

        et que l'eau qui te fonde

        passe en sa paisible majesté

        soufflée sur l'huile du soir

        et que glissent tes bas bleus

        sous les pontons de bois allégé

        toi qui prends pour nous acte du monde

        frottée de doutes et de vouloir

        Venise où toutes formes chuchotent

        bavardent soliloquent et clignent

        comme les feuilles du tremble

        avant que l'air ne s'immobilise

        à même les reflets inquiets

        de la nouvelle lune

        parue là en condensé du temps

        dans le secret de la Figure

 

Daniel Martinez

06:19 Publié dans Variations | Lien permanent | Commentaires (0)