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04/10/2019

"Les fantômes", un livre pauvre d'Alain Eludut

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Les fantômes

 

     Le cours volage du temps

     qu'un bouquet d'ancolies maquille de bleu

     s'abandonne à la lumière des saulaies

     pour épuiser l'eau et les larmes.

 

     Oh retiens la course encore !

     Ce qui paraît n'est que la trace du chemin

     tout est à inventer tu le sais

     les songes et la mélancolie des séjours.

 

     Sur les chemins où vacille la terre, des corps

     vont et viennent obombrant nos visages.

     L'image noire ne peut s'échapper

     de leurs reflets imprécis défaits du sourire.

 

     Seules des haies mesurent

     leur hauteur à notre image.

     Se pourrait-il que suffise le chant des oiseaux

     la consolation de l'été au bord des frondaisons ?

 

Alain Eludut

Alain Eludut s'est associé à la plasticienne Martine Rosenzveig pour composer ce livre d'artiste, édité par Daniel Leuwers au Livre pauvre. Le présent texte a été repris chez Tarabuste éditeur in Les années pratiques (2014).

23:17 Publié dans Arts, Editions | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2019

"Les révoltes secrètes", de Jean-Gilles Badaire, éd. Fata Morgana, 11 sept. 2009

Bien plus qu'une curiosité, ce recueil du plasticien et poète Jean-Gilles Badaire (qui a illustré le premier numéro de Diérèse consacré à Thierry Metz, le 52/53) se compose de quatorze "domaines clos", lieux-dits, chemins vicinaux ou noms de demeures comme autant d'échos de l'enfance, auxquels l'écriture redonne vie. Une impression de temps suspendu, premier pas vers l'éternité... Émaillé d'un constant appel au réel, porteur d'émotions : le peintre est là, sur sa palette il ajuste ses couleurs, ici le vert, sur le damier du Temps :


Les Gabeaux


La source est mieux écrite dans l'herbe. Deux blocs de pierre scellent l'eau. Le cresson y est facile, c'est une peau verte, des lentilles s'y meuvent doucement. J'ai souvent dérangé de mes mains cette âme tendue. Le lieu est frais, près du terrain de football gagné sur l'humidité, l'eau affleure, un réseau de rigoles lace le pré juste avant la source.
J'y ai passé des instants furtifs, volés ; solitaire, je me fondais au secret de ce lieu bruissant d'eau, j'oubliais parfois jusqu'aux cris de jeunes footballeurs. J'étais échappé de l'équipe.


Jean-Gilles Badaire

12:58 Publié dans Editions | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2019

"Plusieurs vols d'étourneaux", de Bertrand Degott aux éd. Les Deux-Siciles, juin 2003

A l'enseigne des Deux-Siciles, a paru il y a près de seize ans Plusieurs vols d'étourneaux, de Bertrand Degott (7 €). Dix-septième livre de la collection Poésie, imprimé par mes soins à Fontainebleau, dont voici deux pages entre toutes.
Cet opus, après la publication par Bertrand Degott chez Gallimard de Éboulements et taillis (1996) et Le Vent dans la brèche (1998) ; avant Battant (La Table ronde, 2006), À chaque pas (L’Arrière-Pays, 2008) — et une « mise en vers français » des Sonnets de Shakespeare (La Table ronde, 2007). E la nave va... comme l'écrivait Guiseppe Ungaretti.

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Bertrand Degott