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08/12/2017

"Apocalypse now" de Francis Ford Coppola, 1979

Apocalypse now de Francis Ford Coppola est une adaptation très libre de Heart of Darkness (Cœur des ténèbres de Joseph Conrad) par Coppola lui-même et John Milius.
Robert Duvall joue le rôle de Kilgore, un lieutenant-colonel psychopathe, capable de raser une plage au napalm pour permettre à ses soldats de faire tranquillement du surf. Pendant que se déroule l'opération, il parle à un des soldats : "Tu sens ça ? Tu sens ça ?" "Quoi ?" demande l'autre. "Le napalm, fils. Il n'y a rien au monde qui sente comme ça."

L'horreur, en actes et en paroles aussi : "I love the smell of napalm in the morning... You know, one time we had a hill bombed for twelve hours, and when it was all over I walked up. We didn't find one of 'em, not one stinking din body. The smell, you know that gasoline smell, the whole hill smelled like... victory !". Soit : "J'aime l'odeur du napalm au petit matin... Tiens, une fois, nous avons bombardé une colline pendant douze heures et quand ça a été fini, je l'ai escaladée. Nous n'avons rien trouvé, pas un seul cadavre de Viet. Mais l'odeur, cette odeur d'essence... toute la colline sentait la victoire !").

20:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2017

« Hiroshima mon amour », Alain Resnais, 1959

Marguerite Duras est la scénariste et la dialoguiste de Hiroshima mon amour, mis en scène par Alain Resnais. La première séquence a pour cadre une chambre d’hôtel à Hiroshima. Un couple (Emmanuelle Riva et Eiji Okada) dialogue.
Lui : « Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien. »
Elle : « J’ai tout vu… Tout »
L’échange se répète en voix off, parfois avec des modifications (« Tu n’as pas vu d’hôpital à Hiroshima », « Tu n’as rien vu. Rien », « Rien », « Rien. Tu ne sais rien »). Marguerite Duras poussera la démarche toujours plus loin dans ses films personnels, notamment dans Le Navire Night en 1979 où, dès le début, des voix off préviennent :
« Aucune image sur le texte du désir… il n’y a rien à voir », ou encore : « Il n’y a rien à voir. Rien. »

19:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

11/02/2015

"Il est difficile d'être un dieu", d'Alexeï Guerman (1938-2013)

Alexeï Guerman n'est connu que d'une poignée de cinéphiles. La sortie en salle de son chef d'oeuvre Il est difficile d'être un dieu, assortie d'une rétrospective à la Cinémathèque (jusqu'au 22 février, à Paris) devrait remettre ce grand cinéaste à sa place : au firmament des grands réalisateurs russes.

Il serait mensonger de qualifier cette magnifique fresque en noir et blanc, inspirée d'un roman d'Arcadi et Boris Strougatski, d'oeuvre facile. Les aventures d'un homme sombrant dans la folie alors qu'on le prend pour une divinité dans un monde extraterrestre aux allures médiévales sont aussi envoûtantes que déroutantes.

Svetlana Karmalita, veuve du cinéaste et coscénariste de ce film testament, admire l'oeuvre de son compagnon. "J'ai du talent, mais lui avait du génie, assure-t-elle. Je comprenais le scénario quand nous travaillions ensemble mais, très vite, plus personne ne parvenait à le suivre sur le tournage." Le fait que les prises de vue se soient étendues sur plusieurs années n'a pas aidé à clarifier la vision de l'équipe. Cette fable foisonnante est si puissante et si riche qu'on ne sait plus où donner des yeux.

Le spectateur a l'impression de plonger dans le cerveau du maître. Mouvements de caméra vertigineux, gros plans et scènes délirantes font bon ménage dans cet univers de chaos. "Lorsqu'Alexeï a montré le film terminé à l'équipe, nous étions tous sidérés, se souvient Svetlana Karmalita, non parce que nous doutions de lui, mais parce qu'il était encore plus fort que ce que nous attendions."

                                                                                                  Caroline Vié

14:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)