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07/02/2021

Au jour, sa densité

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Le relais des yeux et l'image naissante
quand je te perds de vue
le fond bleu sombre
et
l'alliage nu de la mémoire
bribes et échos de bribes
figées là parmi
les minutes qui passent
d'une extrême lenteur
elles découvrent
la folle tige du liseron


fleur ouverte tu songeais
à la part perdue
entre les tourbillons de particules
aux astres qui savent
les facéties des diamants
dans l'air qui se tend
après chaque passage du vent
une musique liquide
traverse la métaphore


et le signe s'est fait mot
depuis un brouillard
de souvenirs lointains et lancinants
dans leur force silencieuse
remémorés nos âges premiers
désensablés ils resurgissent
solaires


Point de cendre mais juste
ce crépitement diffus
du vieil automne
glyphes de voiles
et de roches sculptées
convoyées jusqu'au
triptyque d'or


Daniel Martinez

06/12/2020

Hommage à Sophie Podolski

Voyages

 im Sophie Podolski

 

Le menu frémissement de l’eau
libre l’entendre devenir pluie
l’esprit livré à lui-même
laisse perler
les mots élus
depuis les galeries de l’enfance
quand sous la parole du dedans
l’écriture dévoile
une grise lumière d’orage
l’automne au pied des peupliers
flaire l’indolence
l’essence même des astres hauts


A
la fin de moi ce matin relisant
Le Pays où tout est permis
Sophie Podolski a effleuré du doigt
la périphérie de l’énigme
les lys sauvages des tympans
l’amant et l’aimée une mèche qui fume
les sources vives les courses
derrière les collines de novembre
les nervures des feuilles
confondues à la sève du désir


Avec le temps absolu
dans l’ombre blanche réfléchi
une halte au feu des yeux
en ce Jardin laisse paraître selon ses vœux
une civilisation mondiale en neuf point(s)
quand le bonheur commencerait à l'issue
avec l’odeur des langues mortes
& le fil ici-là du symptôme
qui associe la source des mots
à l’envers du voir


Simple chanson filet de voix
dans le royaume du multiple
cherchant son sens et son objet
écume lignes floues offertes là
Ma Fêlure est un Ami – Aux yeux de vin fin
et mon crime est une amie aux lèvres de fine…
lorsque vains se devinent
et s’élident au-devant
l’ancienne patience
le rire du soleil
dans l’élancée des sens


Dût-elle rêver enfin
au moment de lâcher prise
à ce qui cantilène lui prendrait
ses refrains innocents
pour les disséminer
entre la terre et les amers
sans points d'attache désormais

Daniel Martinez

24/10/2020

Chemin faisant

Nappe liquide en aval
d'autres terres naissantes

et bleu de foudre
traversant l'image
avec une lenteur inaccoutumée
elle s'ouvre
dans la splendeur
de cette ville de ton enfance

c'était si beau c'était ici
et comme ailleurs
un peu comme à l'orée du monde
en attente
en préparation
un qui-vive sans autre objet
que d'entrer dans la mémoire
de notre monde labile
de glisser depuis le grand pavois
sur la surface lisse d'un lac
dont on ne voit pas le fond
ni l'eau même
pas une feuille ne frissonne
pas une brindille ne craque
Tout est là rien ne se dit
Quel calme !
et toi qui cours
qui cours derrière la porte verte
dans l'univers suspendu
avec la flèche de Zénon
qui vole
et ne vole pas
retiens ton souffle
dans la nature stupéfaite
c'était si beau c'était ici


Daniel Martinez