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14/09/2021

Hymne aux couleurs

Les couleurs tissent la durée de l'image
en toi leurs lisières fuyantes
le panache des iris
et la clarté de l'anthélie
l'if vague et fervent lève le chant
de l'eau
son blanc poitrail

dessine d'onde en onde
          la ronde

des mondes égrenés
qui explosent nus

entre tes doigts
galets infiniment polis
par les corolles de la réalité
allumeuses de lumière
comme si vers après vers
de forme en forme multipliables
elles clapotaient en esprit
sur les latérites rouge sang
et que le soleil bas
faisait fourmiller d'étincelles
collines et nuages

arrachées
au plus profond d'un cœur

 


Daniel Martinez

CIMG1277.JPG

Photographie de Daniel Martinez

Fil à fil

Voix seconde halo sonore
à l'ombre des persiennes closes
où brûle la poudre des fusains
          brèche dans le temps
réanimée par l'été
la pensée
          d'une contre-vue
qui prendrait le visible à revers
de nos habitudes de voir
en compliquerait les entrelacs
ici plants de menthe
là       sèves enfouies
signes et cassures pigments broyés
des éloges de craie coulent sur tes paupières
en butte à la multitude
abstraite dansante 
superbe épave
esquif brillant dont on voit au loin
se défaire la trame fil à fil
d'un angle de mur couleur de miel
à une façade couverte d'inscriptions
la mer n'est pas loin
la petite tapisserie de ton ventre
à fleur de texte dit ses secrets
arômes innés
transparence
des mots à la langue
où souverain le corps
          ne connaîtrait pas de fin


Daniel Martinez

DSCN1615.JPG

Photographie de Daniel Martinez

10/09/2021

Le fond réfléchi

Tout en haut un rayon frappe la lucarne
et de l'écran bleu translucide
la ville au nom d'énigme et de philtre
s'irise selon l'heure

           sous les ombrages le murmure
           des mimosas
raye l'abîme cristallin
d'un paysage à l'autre

les paravents du temps
se sont défaits
         en gestes vains
le Vent du vent par qui
les mains flottent s'étirent
anime
la voix d'une passante
au cœur des transparences


Le silence traversé
enchante l'esprit messager
sanctuaire de la lenteur
la pensée allant s'atténuant
sous le sable
de ce siècle
prophétiseur d'orages
dans un vide qui redonnerait vie
au fleuve blond à ses lèvres
flammées d'or
de nacre et de pierreries
à sa chevelure éparse
où refleurit sans cesse
ce qui n'a pas de nom


Daniel Martinez