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22/12/2019

La lumière est convertible en durée

Petites pierres grammes de la roche
en l'onde déhiscente
frappée de roux minéraux
un temps faible un temps fort
qui meurent en nous
à mesure que nous prenons vie


Une neige fondue confond
le ciel et le jardin
tu les écoutes attentif
quitter l'enfance
le pouls à présent régulier
d'une fine pluie glacée
la vue le regard la vision
où est la vraie mémoire


Et ce roseau d'or noir
t'initia à ces signes
que nous offrent les dieux
l'amande voilée par sa bogue
tu relis ce soir Gu Cheng
entre les nœuds de notre corps
ces mots acérés paraissent
nés pour être nuit
ils façonnent des ombres
toujours renaît le cri
toujours renaît l'amer


Dans toute vie il est
un pur instant que rien n'effacera
ce centime jeté à l'entrée de la chambre
l'infinitésimal qui déploiera l'infini
on se confie au silence
certains le diront prière
d'autres au sein de ce hasard immense
immense finalité
la lumière serait-elle
convertible en durée


Les outils sous la braise
les pieds nus sur les mottes retournées
le temps fil d'Aran
dans les allées fumantes
avec des lueurs d'incendie
caressant l'or du ginkgo
comme une part
arrêtée de nous-mêmes
au bout de la route blanche
au creux de l'heure
de quelques notes transposées


On range les bûches de l'hiver
sous l'orbe limpide
de la châtaigneraie
on écrit la voix de l'autre
près de la fenêtre ouverte
aux carreaux bleus
paresse l'haleine mère
montée de la terre chaude
à quelques pas de ta Demeure


Daniel Martinez
le 22/12/2019

16/11/2019

Le passage

im Robert Walser

Vienne le cri sec d'un oiseau dans le silence pur
témoigner que la neige ce matin est le tremblé
d'un nouveau monde tu repenses à Walser
dans ses instants derniers cueillant à travers
les éclats d'un mirage son imparfait présent
qui prit en s'éclipsant les rumeurs
et les marges rousses des racines d'un chêne
pour des reliefs de comptines pour des vignes d'or
quand chavire le jour sous les flocons grimés de vent
vienne le cri sec d'un oiseau le velours des feuilles mortes
compter légères les secondes reines
dans une étreinte où les astres libres
se déroutent
de leur trajectoire
où le philtre du plaisir se fait lunaire

son regard bleu d'enfant posé sur la ville impériale
aux rides déliées qui s'allongent et plus encore
emportent l'étreinte d'un regret
sous une vague toute en cristaux de sel
où va la flèche amuïe la vallée muée
avec l'esquisse d'une esquive se perdre
comme pour toujours


Daniel Martinez

28/10/2019

Creusets

Quand l'heure émigre sous les branches du grand saule
bleutée grise et puis sienne jusqu'à l'or
quand les voix se font calmes devant les eaux du fleuve
dans leur ici et leur ailleurs
ce sont parfois des peintures d'Italie claires
qui te reviennent entre ces deux pôles
de la lumière absorbée réfractée
le même frémissement immobile des mots
de la ronce fugace égratignant la pierre
à même le vif et le périssable emportés
par ce qui rêve et bruit là-même
où commence l'horizon
lui sont donnés des yeux un corps
une supplique une attente
il n'est qu'un pas à faire
avant que tout ne parle
de ce rien dont se parent de rares merveilles
entrevues projetées par l'ombre de tes doigts
où l'horlogerie des particules se donne
comme indices de compositions à venir
passé la Marne issue de soi
ses replis frissonnants et ses basses nuées


Daniel Martinez