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18/08/2020

"L'mage dans l'image", de Daniel Martinez

L'ombre est violente, elle franchit
la frontière du jardin aux limites
presque abstraites
une volée de la main suffit
pour que les graines si légères

se fondent dans la terre
à l'insaisissable mouvement du sang
aux confins de la roseraie


Tu te frottes au silence
au destin des paysages
et des chemins creux
sous
le va-et-vient
des barrières bleues du ciel
le reflet de la lampe est d'argent
entre les herbes laiteuses
et les araignées d'eau


Tu t'attardes et bois des yeux
les scabieuses de la tour
la voix douce de l'eau à porter légère

sinon ce haut chant ouvert
sur la beauté des murs
griffés d'ocre peuplés d'échos
où la flamme chante
l'équilibre hasardeux du tout
sous le poudroiement de l'été

 

Daniel Martinez

08/08/2020

"Chemin d'aventure" de Daniel Martinez

Le temps se perçoit comme qui emporte sans rien dire
sur l'écran son ombre projetée
muée en
fragments de mots parus
déparés dans l'eau noire des yeux
des violettes des menthes sur le seuil
y entendre murmurer l'étoile morte
à deux doigts du bleu de la mer


sous le souffle
puissant des sphères 
l'instant infinitésimal l'espace ouvert
du haut de la falaise où l'eau joue sa mélodie
de ses vagues profondes en figures variées
là même où la rêverie se pose
sur les ailes distraites du machaon
éclairées de l'intérieur


Le temps se donne comme une femme
sur un parchemin de silence
le feu entre ses mains les tiennes
serions-nous composés de la même terre
que le poème son chemin d'aventure
quand le cœur se dérègle jusqu'à
l'éveil des choses d'insectes mille
s'agitant
jusqu'à la lampe de pierre
l'étincelle qui court sous les larmes des dieux
roses jaunes serties dans le chèvrefeuille


tu te penches tu écris à travers
les lignes de la terre peignée

ce qui n'a pas de fin
mais aussi bien pourrait un jour

te cueillir à l'improviste
entre récifs et sables blancs
dont le livre déploie la rumeur


là même où hier et demain s'interposent
et de la soie au papier redessinent
à leur manière l'intention fondatrice
comme fructifient de concert
les arabesques de la vigne
l'inquiétude et l'interrogation
sans issue de l'espèce


Dans le si peu dicible de longues étamines
si légères qu'elles bougent sans cesse
ainsi que les feuilles du tremble
en un frémissement vivant

 

Daniel Martinez

 

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03/01/2020

Séquentielles XI

Cheminements

 

Embroussaillé d’écume
tout un ciel en rumeurs
et les figures que dessinent
une moitié de l’arbre
griffée de mots,
l’autre, d’étoiles
de chevelures perlantes
où repasse la main
source des vents.

Au feu de son image
ni l’ombre moussue
ni la syllabe longue des eaux
ne livreront leurs secrets
dans le vaste étale enlaçant
nos menus savoirs :
ce monde-ci se défait
et le sablier des astres, des constellations
ouvre une brèche certaine
dans les hautes haleines de la nuit.

L’assemblée des grands pins
rayée d’encre, de lucioles d’air
chavire le regard
réinvente le chemin côtier.


Daniel Martinez