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03/03/2019

La tour de William Thomas Beckford (1760-1844), à Bath (Angleterre)

Connaissez-vous "la tour du Savoir et du Rêve" ou Lansdown Tower, dont la construction fut achevée en 1827, bâtie sur les hauteurs de la ville d'eau anglaise de Bath, en bordure d'un cimetière victorien ? Elle appartenait à l'extraordinaire collectionneur, romancier et critique que fut William Thomas Beckford qui écrivit en 1782, en français je vous prie : Vathek, conte arabe (réédité chez Libretto, sept. 2017, 130 pages). Dans son fertile imaginaire, William B. dédiait Lansdown Tower à un calife désireux de pénétrer les secrets du Ciel, mais elle fut aussi construite pour lui servir de mausolée, le moment venu... Au vrai, une simple tombe en granit rose, érigée sur un tertre dans le petit cimetière voisin, protège le repos de celui qui voulut, comme le fameux calife, être enterré dans le ciel.

Pour le collectionneur (qui avait acquis et entreposé là des œuvres de Raphaël et de Titien, des Rembrandt et des Vélasquez, des meubles de Boulle et de Riesener, des pièces d'orfèvrerie baroque, des objets orientaux ou médiévaux que se partagent à présent les plus grands musées du monde ; sans compter une bibliothèque composée de milliers de volumes) ce n'était qu'un lieu où vivre l'écart absolu. Un escalier de 156 marches en spirale mène au belvédère pour admirer une campagne vallonnée que Beckford jugeait "le plus beau paysage d'Europe".

Deux kilomètres plus bas, sur Lansdown Crescent, l'une des places en demi-lune de Bath, se trouvait la maison de ville de William Thomas Beckford. Il acquit peu à peu toutes les terres s'étendant entre ses deux résidences, y aménageant une série de jardins dans lesquels il fit planter, dit-on, 200 000 arbres.
Stéphane Mallarmé écrira plus tard, dans sa préface à la réédition de Vathek : "L'histoire du calife Vathek commence au faîte d'une tour d'où se lit le firmament, pour finir en bas dans un souterrain enchanté ; tout le laps de tableaux graves ou riants et de prodiges séparent ces deux extrêmes". Daniel Martinez

01/03/2019

Paul Gauguin (1848-1903), en majesté !

Un Gauguin méconnu sera vendu aux enchères à Paris le 29 mars 2019.
Il s'agit d'une toile double ! Au recto, Le Jardin de Pissarro, Quai du Pothuis ; et au verso, deux autoportraits (rien que ça)...
Cette toile a été montrée au public seulement deux fois en presque 140 ans. Elle sera cédée aux enchères le vendredi 29 mars. Le tableau, datant de 1881, est estimé entre 600 000 € et 900 000 €. Le public pourra l'admirer dans les locaux de Sotheby's à Paris, à partir du 23 mars. Amitiés partagées, DM

GAUGUIN.jpg

Autoportrait - Paul Gauguin


C'est en 1873 que Pissarro s'installe à Pontoise, naturaliste "faiseur de cieux et de terrains" (Zola). Quand naît le fils de Camille Pissarro, Ludovic, Gauguin vient alors travailler momentanément à Pontoise, où il peint ladite toile, mise aux enchères aujourd'hui... Adepte de la fameuse "saintaize" (c'est le mot inventé par lui, entre synthèse et sainteté), le mysticisme symbolique de Gauguin transparaît dans son tableau Le Christ jaune (avec l'autoportrait afférent) que je rapprocherai volontiers de son Autoportrait de 1889 (79 x 51 cm) où le peintre s'auréole de la "saintaize", mandorle jaune sur un large aplat rouge vif qui constitue la partie haute de la toile, la partie basse du tableau couverte d'une vaste surface jaune où évolue un serpent vert. Par sa symbolique c'est, à mon sens, le plus étonnant des autoportraits du maître, qui détourne ici-même le regard de deux pommes suspendues près de son oreille, l'une rouge et l'autre verte. DM

11:33 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

28/02/2019

Une lettre de Lucie

Lumière, oui. J'y pense dans la lumière à ma maison, maintenant. Serait-ce grâce à vous qui l'avez réveillée ? Ce que vous dites du temps, j'ai envie de le dire aussi de l'ombre et de la lumière : je vois un rayon de soleil fin, fin, qui se faufile dans les branches d'un arbre et vient buter sur une feuille. Il la fait scintiller, car bien sûr dans mon rêve elle est jeune et brillante - c'est le printemps ! - mais elle, à cause de cette lumière sur elle, projette une petite ombre sur mon pied, une ombre qui a la forme de sa forme à elle. Il faut que la lumière existe pour que l'ombre s'imprime sur moi. Le temps, je crois que je ne veux pas y penser. De plus en plus, il me paraît infini. Vieillir n'est qu'un mot. Le temps qui s'écoule là, maintenant, je ne le sens pas passer sur moi, je commence seulement à lui accorder le droit de passer. Je ne me bats plus avec lui. Je sais qu'il me faudra un temps infini pour atteindre ce que je cherche - j'ai envie d'employer le mot un peu désuet de pureté - et que ce temps infini, eh bien, j'en dispose. On m'a souvent dit que j'étais folle, je vous en prie, pas vous, ou si vous le pensez un tant soit peu, soyez bon,taisez-le.


Lucie