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22/12/2017

Appeler un chat : "un chat"

J'ai peu l'habitude de m'exprimer sur l'actualité directe, à chaud. On me reprochera à coup sûr de m'intéresser à un fait divers, mais qu'importe !, il convient que vous me supportiez tel que je suis & qui m'aime me suive !, comme dirait l'autre. Il paraîtrait que les poètes authentiques sont au-dessus du quotidien, mais ce n'est pas mon cas.

La presse fait ses choux gras ces temps-ci du cas Nordhal Lelandais, à juste raison. mais le problème est-il bien posé ?, c'est ce qui me préoccupe. Car comment peut-on inviter un marginal de cet acabit (réformé P4 même à l'armée, c'est dire...) à un mariage ?! Ce sont les parents de la petite (paix à son âme) qui devraient parallèlement être interrogés sur ce choix, pour le moins curieux...

Les droits constitutionnels de la défense apparaissent d'autant plus légers dans leurs assertions que rien ne permet à cette heure de disculper cet "éleveur" de chiens, sauf à le suivre dans ses dénis qui tous s'orientent vers des constructions d'alibis. Là encore, je vais faire preuve d'originalité en prétendant, mordicus, que ce cas relevant de la psychiatrie lourde mérite d'être étudié et rapporté avec la plus extrême attention, afin de tenter de comprendre comment cet individu a pu se construire une personnalité telle. Il convient pour cela de remonter la chaîne, patiemment, depuis sa proche famille jusqu'à ses connaissances, ami(e)s, jusqu'à ses appétences informatiques - comme précisément cela a été fait, d'ailleurs. Bref, nous sommes un présence d'une tête de série qui aurait fait le régal d'un Sigmund Freud, et, qui sait ?, aurait pu lui inspirer un livre - n'en déplaise à M. Onfray et alii

Une autre préoccupation : l'individu lambda se faisant prendre pour un menu larcin (sommes-nous si loin des "Misérables" de Victor Hugo) aurait-il autant tardé à rejoindre les geôles de la République ?... Là encore, la figuralité de l'acte déforme le fond du problème et l'éthique est bafouée, nolens volens.

Dire que je suis écœuré par tous ces effets de manche qui jusqu'à présent flirtent avec une parodie de la justice - alors qu'en d'autres domaines comme ici mal gérés dès le départ, la brutalité répressive passerait pour "exemplaire" - est un doux pléonasme. Voilà tout, merci pour votre attention. Daniel Martinez

21/12/2017

Kenneth White opus 4

II°) Une poétique de la lumière et de la blancheur

1°) Le poème au révélateur de la lumière

   Le poème whitien accède à son expression la plus aboutie en portant le langage à son point d’incandescence. Par le poème, le langage se dénude, jusqu’à atteindre une blancheur miroitante, une lumière intense et pénétrante.

  Dans le poème "L’hiver du monde" du recueil En toute candeur, la lumière est présente mais elle pénètre lentement et difficilement au cœur des choses, comme si elle passait à travers la forêt, à travers la végétation :

            Les arbres d’hiver pleurent dans le froid
            Les oiseaux sont braves mais chantent sans joie
            Le soleil lui-même : un fil de clarté
            Ruse ne vaut pas sagesse et bonté 8

   Dans ce décor hivernal, une lumière diffuse baigne un paysage sinon hostile, du moins inhospitalier. Le soleil, réduit à "un fil de clarté" égaye la tristesse d’une lande comme endormie sous l’action conjuguée du froid et de la neige. La lumière de ce poème est froide, c’est une lumière hyperboréenne qui s’accorde aux paysages désolés des hautes terres d’Écosse.

   Dans "Soir d’hiver", la lumière filtre à travers le givre, elle traverse fugacement la pellicule de glace avant de s’éteindre, telle une épiphanie appelée à disparaître : « Les lampadaires saisis par le premier gel / Ont des moustaches de lumière mais elles se perdent 9 ».

   Les "moustaches de lumière" des lampadaires soulignent le caractère incandescent et éphémère du traitement de la lumière dans cette poésie. Elle est un épiphénomène, une apparition au même titre que le poème inscrit la mémoire dans la précarité d’une invention langagière.

   Le poème "Beinn Airidh Charr" du recueil Terre de diamant illustre le statut d’une poésie qui s’est donnée pour tâche de capter les beautés du monde et les moments de grâce :

            Il est une substance plus froide et plus claire
            au-delà de cette ignorance
            ce sont ces collines, foyer
            fécond inaccessible à la pensée
            cette lumière qui irradie
            aux limites de l’austérité
            et aveugle les mots
            seulement dans le crâne, par éclairs
            une extase glacée.

   La lumière qui innerve ce poème rend la luminosité blafarde des journées d’hiver, la presque obscurité à peine déchirée par une lueur hésitante. Une lumière qui "irradie / aux limites de l’austérité", c’est une lumière pauvre, nue qui restitue le sentiment d’appartenance du poète à un monde dépouillé. La lumière est nue, comme le langage du poète qui suggère simplement un sentiment d’émerveillement face à la beauté d’un spectacle aussi beau que celui de la nature. L’idée juste, le mot juste apparaissent quand on ne s’y attend pas : par fulgurance.

   La lumière, qui explore toutes les possibilités du spectre dans la poésie whitienne, est consubstantielle à un rapport quasi-viscéral à la pureté virginale de la neige.

2°) Le poème, entre candeur et blancheur

   Dès son premier recueil, le poète Kenneth White a manifesté un grand intérêt pour la blancheur des paysages, des lieux, des territoires et des pages.

   Dans la section "Poèmes du monde blanc" du recueil En toute candeur (publié en 1964 au Mercure de France), un poème joue le rôle de texte programmatique, incarne particulièrement bien cette poétique de la blancheur précédemment évoquée. C’est le poème "Monde blanc" :

            Ce monde d’arbres blancs
            Il est là devant moi
            Bouleaux devant le gel, nus
            Présents, vivants, patents 10

 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .


Alexandre Eyries

_________________

8 Kenneth  White,  Terre de  diamant, Paris, Grasset : collection "Les cahiers rouges", 1983, p 27.
9 Kenneth White, "Hautes Etudes" (Atlantica) dans Un monde ouvert (anthologie personnelle), Paris, Gallimard : collection Poésie / NRF, 2007, pp 167-168.
10  Kenneth White, "Etude dans la montagne en hiver" dans Terre de diamant, Paris, Grasset : collection "Les cahiers rouges", 1983, p 213.

19:28 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

20/12/2017

"Bonnes Feuilles" du numéro 72 de Diérèse

Vous l'attendiez, mais je suis obligé de jongler avec mon emploi du temps..., voici :


Ed. L'Herbe qui tremble :
     Voltige !, d'Isabelle Lévesque, avec des dessins de Colette Deblé
     Continuo, de Véronique Wautier, avec des peintures d'Anne Slacik

Ed. Alcyone :
     Le Rébus et le heurtoir, de Jacques Brossard
     Petits moments de légère gravité, de Eve Lerner

Ed. de la Crypte :
     Le garçon renoncé, de Matthieu Feyheit
     Kaïa, de Chan Dargery

Ed. Rafael de Surtis :
     Gengis Job, de Jean-Marc Proust
     La douce histoire du triste éléphant, de Diana Adamek

Revue "A l'Index" n°34 :
     Les mots du silence, consacré à Patricia Castex Menier, ill. Marie Alloy...

Ed. du Petit Véhicule :
     Le Voyage immobile, d'Alain Fabre-Catalan et Eva-Maria Berg, dessins de Jean-Marie Cartereau

Ed Voix d'encre :
     Paysages de genèse, de Pierre Dhainaut, avec des aquarelles de Caroline François-Rubino

Jacques Renou éd. :
     Trois saisons et demie, de Jacques Morin, ill. Pascal Juhel

Ed. La Dogana (Suisse) :
     Les angles étincelants, de Laurent Cennamo

Les éd. du Petit Pois :
     Appels en absence, de Luce Guilbaud

Ed Le pré carré :
     Fatum, d'Edith Masson

Ed. Le Castor astral :
     Le Versant noir, de Kevin Gilbert, trad. Marie-Ch. Masset

Ed. Galerie Koma :
     Mes pères sous les draps verts, de Dominique Chaboche

Ed. L'Harmattan :
     Flore et bestiaire imaginaires, de Daniel Habrekorn

Ed. La Feuille de thé :
     J'aurais préféré que nous fassions obscurité ensemble, de Claire Audhuy

Ed. Le Contentieux :
    A la seule, de Jean-François Rousseau

Ed. Les Presses littéraires :
     Les mythes de la mémoire, de Louis Savary

Ed. L'Aire, (Suisse) :
     Un toucher de neige, de Monique Saint-Julia, ill. de l'auteure

Auto-édition :
    La Geste de Dracula en Cotentin, de Guy Girard