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24/11/2019

Hélène Vidal, "Ombrages", éditions A l'ombre des mots, février 2018 - 9 €

Née en 1960, Hélène Vidal vit et travaille dans les Hautes-Pyrénées. Après des études de lettres et d'histoire de l'art, elle exerce le métier de libraire à Tarbes. Elle a publié dans Diérèse.

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          Un verbe de faïence bleue
          Une syllabe d'eau
          Une langue secrète
          Couchée dans les herbes
          A la racine
          Mot de feuille      de silence
          Une phrase-pétales
          Cachée
          Un poème


          Te le donner un soir
          Ou laisser      courir dans la rivière

¤

          Hier avec les lampes
          Il faisait bon ici
          Les jours d'avant
          Ceux de demain
          Tisseront un linge de grâce


          Mais fugace une turbulence
          Parfois secouait notre poutre


          Que sera le présent dans un pays fâcheux
          Le lent déclin des forces


          Les hivers trop mouillés
          La neige fondue en janvier
          Les colères de la montagne


          Il faudra renouveler
          Dans nos prunelles


          Cet éclat


Hélène Vidal

Michaël Glück, "Tu dis que vers la fin" 

(fragment d'un journal, 29 avril 2018)

ce n’est qu’une bouillie, syllabes concassées, phonèmes brisés, chants, nennies, thrènes, oraisons méconnaissables, tout cela, ce magma des mots, ces entassements de morts, tout cela dans la bouche du vivant et la bouche qui ressasse, à son tour, sera avalée, broyée, déchiquetée, déchirée, crânes sous terre seront sédimentés, oreilles pétrifiées avec les mots sous l’épaisse cendre du temps

tu dis que vers la fin on commence par perdre l’usage, égarer le sens, déplacer les noms, confondre les mots et les morts, on commence, ça commence par l’enlisement, l’essoufflement, on ne sait plus d’où vient cela qui bute contre les dents, contre les prothèses, vers la fin, on s’épuise à placer un mot juste dans le puzzle d’une phrase, puis, peu à peu, on ne sait plus même ce que peut être une phrase, on s’accroche à quelques mots, quelque partie d’un mot, puis on ne sait plus rien, on n’a plus même cette petite énergie, on renonce, c’est une mise en abyme qui va jusqu’à s’énoncer, à dire vrai on ne sait où : à quoi bon à quoi bon

or si langage à ce point se perd, alors, oui vraiment, à quoi bon, il ne faudrait alors ni insister, ni persister, ni perdurer, se prolonger, ni être prolongé, à quoi bon, les mots se retirant emportent la chair, dévastent le visage, engloutissent et la matière et la pensée, les mots bulles de rien qui éclateront, rien du rien, rien du peu, rien du tout, lente agonie, lente dispersion, décomposition, oui, décomposition, mais ce mot n’est-il pas déjà depuis longtemps venu au bout du stylo, cuti à réaction sur la peau du papier, oui, décomposition, répétition de l’anéantissement d’un, répétition de l’anéantissement de tout, nous, un, chacun sait cela, mais qui s’insurge, fût-ce vainement, qui se redresse et dit je sais mais ne me résigne pas tournent dans la bouche les mots


Michaël Glück

 

LA GROTTE  AUX COQUILLAGES.png

La "Grotte aux coquillages", à Viry-Chatillon

08:55 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2019

Quelle est l'origine de l'expression "Trier sur le volet" ?

Lorsqu'une personne effectue une sélection rigoureuse avant de faire son choix, on dit parfois qu'elle "trie sur le volet". Une expression qui tire ses origines de l'agriculture céréalière au Moyen-Age. A l'époque, le "volet" (ou "voilet") désignait en effet le voile qui était utilisé pour fabriquer des tamis, afin de trier le grain. Ce tissu était si fin et si léger qu'il pouvait "voleter" au vent. Puis, le terme "volet" a évolué au XVe siècle, pour faire référence à l'assiette en bois dans laquelle les femmes triaient les pois et les fèves selon leur fraîcheur, leur taille et leur forme.
François Rabelais a ensuite lui-même utilisé dans Pantagruel (1532) l'expression "triés comme beaux pois sur le volet". Avec le temps, la locution est sortie du domaine agricole et son sens a fini par s'étendre.