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22/08/2017

Sou Che, poète, peintre et calligraphe chinois, dynastie Song du Nord

Le Poète vagabond a creusé les nuages
et chassé les Dieux en un cri de tonnerre.
Les gibbons ont enjambé les terrasses du ciel.

La pluie lave le Lou Chan*
et le corps de la nuit.

Les eaux du torrent ont élaboré une cosmogonie
où tourbillonnent les statuettes de pierre.
S'y consument les âmes.

Immortel dans l'ivresse, il calligraphie les cieux,
Sou Che,
et la lune et les vents.


Paul Lemuel Cabanel
in De la nue, apparus
chez l'auteur, 2017

 

* un des lieux célèbres depuis l'Antiquité, visité des lettrés.

21:59 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

16/08/2017

"Sous les paupières de Mou K'i (ou T'si)" XIIIe siècle, dynastie Song, moine et peintre chinois.

Ses yeux ramassent l'or des équinoxes.
En une étreinte le vent chasse l'hiver
et se faufile entre les clairs de lune.
Ce pêcheur jette son filet ; lamentation de l'onde.


Une empreinte ; vol de l'hirondelle.
Les brumes découpent ces monts imaginés.
Couleurs du Tch'an,
l'encre comme miroir des âmes.


Paul Lemuel Cabanel
in De la nue, apparus
chez l'auteur, 2017

10:23 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

14/04/2017

John Keats (1795-1821), traduit par Jean Rousselot

When I have fears I may cease to be
    Before my pen has glean'd my teeming brain,
Before high-piled books, in charactery,
    Hold like rich garners the full ripen'd grain ;
When I behold, upon the night's starr'd face,

    Huge cloudy symbols of a hight romance,
And think that I may never live to trace
    Their shadows, with the magic hand of chance ;
And when I feel, fair creature of an hour,
    That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the feary power
    Of unreflecting love ; - then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
    Till love and fame to nothingness do sink.

                                John Keats

 

Quand j'ai peur de cesser d'être avant que ma plume
N'ait extrait tout le grain de mon cerveau fécond
Avant que ne s'amasse en maints et beaux volumes
Tels d'opulents greniers la parfaite moisson,

Quand je contemple au front étoilé de la nuit
Les symboles brumeux d'un céleste poème
Et songe que la vie peut-être m'aura fui
sans qu'inspiré j'aie su tracer leurs ombres même

Et quand me vient l'idée, éphémère beauté,
Que jamais plus je ne pourrai te regarder
Ni jamais savourer le don d'amour sublime,

Alors sur le rivage du monde sans fin
Je reste solitaire à méditer au point
Que jusques au néant Gloire et Amour s'abîment.

                                 adaptation de Jean Rousselot