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23/08/2019

Li Qingzhao (1084-1151)

LA FLEUR DE PRUNIER


Tous les ans, venu le temps de neige
Je me laissais enivrer par la fleur de prunier
posée sur mes cheveux
Aux quatre vents je lançais ses pétales
Mes larmes mouillaient ma robe
Cette année, au bout du monde
J’ai les cheveux grisonnants
Le vent souffle fort ce soir
Je ne sais si la fleur de prunier tiendra bon

Li Qingzhao

 

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07:59 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

02/08/2019

Pierre Dhainaut

Un fidèle de Diérèse, Prix Apollinaire 2016, Pierre Dhainaut, dont voici un poème, publié dans le numéro 64 de la revue. Belle journée à tous. Amitiés partagées, Daniel Martinez

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L'ERRE DU TEMPS

 

      Les forêts, les falaises, le monde était le même,

      l'essor, quand tu croyais en ces mots-là :

      voir comme entendre, la clameur grandissait

      au large au sein des feuilles. Mais le pas

      qui rejoint, tu t'es bien gardé de le faire.

      Les dons du vent, tu les as épuisés.

      En cette chambre où la respiration retombe,

      quelle parole accomplirait l'espoir du premier jour ?

      A défaut de la dire, tu évoqueras un visage

      juste avant que la mort ne le saisisse,

      seul il invente, serait-il silencieux,

      ce qui confie la terre à tous les vents et l'ouvre

      à la passion d'acquiescer, de comprendre.

 

Pierre Dhainaut

08:39 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

30/06/2019

Gu Cheng III, traduit par Annie Curien

Les yeux noirs

La venue


ouvre donc la fenêtre et caresse les tourbillons d'automne
les jours d'été sont une tasse de thé fort enfin éclairci
il n'y aura plus de cauchemar ni d'ombre lovée
mon souffle est nuage et l'espoir chant


ouvre donc la fenêtre et je viendrai
tes cheveux noirs s'éparpillant sur un ciel limpide
sur le faîtage sonore les hommes et les drapeaux fragiles
vont à petits pas sans soulever de poussière


je suis arrivé tu n'attendras plus amèrement
il suffit de fermer les yeux pour trouver tes lèvres
il était une barque flottant des sables du rivage vers la falaise
les rayons du soleil s'inclinaient tels des rames plongées dans les rêves


il n'y a pas de roi suprême pas d'âme suprême
tu es mon épouse ma vie impérissable
je dirai dans ton sang toutes les choses du lointain
le monde est une nécropole que scellent les voix du souvenir


Gu Cheng
août 1982

11:59 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)