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05/05/2019

"Quand les mots ne sont que du sable", de Jacques Coly, nov. 2004, éd. Les Deux-Siciles

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Le 21ème titre de la collection ; je me souviens avoir fait le déplacement chez un petit éditeur de province pour effectuer ce travail, éditeur qui, après m'avoir invité à visiter ses ateliers, s'est mis à me parler dans la foulée de la CFDT (!) comme s'il voulait me démontrer qu'il ne fallait pas franchir par le biais de mes publications la ligne rouge : le titre de cet opus devait l'inquiéter un tantinet ! En y mettant les formes, je lui ai fait comprendre que la Poésie n'avait rien à voir avec la panoplie des partenaires sociaux et qu'à mon sens elle ne représentait qu'elle-même. La discussion a tourné court, mais le travail a bien été effectué.

La postface de Didier Sorbé, en quatrième de couverture :

Dans le silence, sur la peau transparente de l'air trois insectes (ou leurs larves), doués de parole monologuent. Et les voilà qui prennent la mesure du monde, tentent de sauver l'ancienne exultation solaire, la voix de l'idéal bientôt confrontée à la chair du masque : le dess(e)in jamais réalisé que la vie - la leur, comme la nôtre - soit image de l'intérieur : de la flamme, des attentes et aspirations que les vers ici et maintenant dévoilent, au rythme du poème. Quête de l'Harmonie (au sens où Signac l'entendait), une Harmonie acquise, rêvée et vivante à la fois, désirée autant qu'aimée, enrobant et dérobant tout dans le même mouvement, convulsivement. Étreindre sans éteindre. Toucher du regard le réel, une part d'éternité ? "Mais comment peindre des yeux au tigre qui s'élance magnifique et libre ?" se demande le porte-faix ; "Quand les mots ne sont que du sable...", note le ver luisant... Le "C'est Moi... sans être moi" de la chenille des bois jubile de cette bascule. Émerillonne la langue de Grande Vie. Tout l'art du poète et conteur Jacques Coly se loge et se love dans ce théâtre de la rotation des jours, sous les frémissements de la vie au-devant de déjà, lorsque "Les paupières s'éveillent au mystère des signes".  Didier Sorbé

04/05/2019

"Embrasements - poèmes d'amour" - de Claude Vancour, aux éditions Les Deux-Siciles

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Anne Muller-Lassez (1940-2009), plasticienne proche des surréalistes, auteure de boîtes-collages a  illustré ce recueil : d'un fusain et de quatre encres de Chine originales. Ce fut une chance pour les éditions Les Deux-Siciles que d'avoir su intéresser une plasticienne de cette envergure...

Le livre, de 106 pages, paraît en juin 2006, c'est le vingt-troisième titre de la collection Poésie. Voici l'une de ses pages, deux strophes extraites d'un poème de Claude Vancour :

D’AMOUR (II)


          Poser la veine où bat mon sang de vie
          contre la vôtre, pouls contre pouls,
          alacrité de la parole de votre lymphe,
          de la chaleur des tessitures,
          tranquillité fébrile, définitive
          des retrouvailles

*

          Jusqu’à ce que
          la peau chuchote à l’autre peau,
          jusqu’à ce que
          l’amour nous ait réappris à boire.


Claude Vancour

"Voix d'ensemble" de Pierre Dhainaut

Le 9 avril 2002 a paru, à l'enseigne des Deux-Siciles "Voix d'ensemble" signé par Pierre Dhainaut, c'était le dixième titre de la collection, un auteur de qualité que j'ai en grande estime et dont le dernier opus paru tout récemment à L'Herbe qui tremble, "Après"... continue de tracer le sillon d'une vie toute entière dévouée à la poésie. Difficile de trouver poète plus authentique, quand le moindre de ses vers touche au plus sensible, entendu comme le plus vrai des émotions qui nous animent et nous donne le la, envers et contre tous ceux qui tentent de réduire l'élément humain à une composante quantifiable et malléable à merci. Etre, jusqu'au souffle dernier. Voici la première page des épreuves corrigées de "Voix d'ensemble", le poète choisit la couleur de la couverture et le dessin à reporter (celui d'un diamant) entre le titre et la mention des éditions, sise au 8 de l'avenue Lazare Hoche" (j'avais ajouté "Lazare")à Ozoir-la-Ferrière (ainsi appelée car on y voyait autrefois un oratoire, dans la forêt avoisinante (77330))

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La page 21 :


                               Oui en commençant,
                               on lance un caillou,
                               on délivre les ondes.


                               Clairière ou plage,
                               N'attends pas de les voir
                               pour accueillir.


                               Ecouter mieux : sous la glace
                               encore
                               la source fidèle.

 

Pierre Dhainaut