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19/05/2019

L'édition de "Trajectoire suivi de Strophes" aux Deux-Siciles IV

Le livre de Jean Rousselot a donc été édité selon ses vœux, à Fontainebleau, avec en frontispice le fameux portrait du poète par Pacôme Yerma.
Quinze poèmes y prennent place, ainsi que des Strophes, voyez plus bas... ce recueil bénéficiera d'un second tirage. Parallèlement, le numéro 18 de Diérèse était sorti, avec la fameuse traduction de The Raven d'Edgar Poe.

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     Cher Daniel Martinez,

     J'ai oublié de vous dire que mon portrait d'après photo me semble réussi...
     Quant à la coquille (unique) elle est dans Dit d'une aimée ligne 5 : "Je ne me transforme/z". A la correction, je ne m'en étais pas aperçu. Je raye ce z malencontreux sur les exemplaires que vous m'avez adressés. Les lecteurs attentifs devraient en faire autant.
     Ce mot en vitesse avant la canicule... La nouvelle agression (thyroïdite ou dienne ?) qui me désarçonne aura demain (lundi) un médecin à son service.
     Je suis, moi, incapable de faire quoi que ce soit. Même pas "l'abominable sieste des grands" car mon esprit n'est jamais en repos.
     A vous amicalement en vous redisant merci !

                                                           J Rousselot

     Il serait bon d'envoyer "Diérèse 18" à Aujourd'hui Poème (ce qui sera fait, sans aucun retour ; depuis, on ne parle plus de cette revue, disparue comme elle s'y attendait sans doute).

*

Strophes

Pourquoi porter sa croix ? La mienne bat des ailes
Et m'emporte au-dessus des amours éternelles
Il est vrai qu'elle est toute dentelles et soies
Et elle sent si bon que j'en pleure de joie

*

La mer qui sans répit lève des troupes fraîches
La mort absurdement qui code ses dépêches
C'est le même frou-frou, c'est le même vagir
Hypocrite et souvent des larmes pour finir.

*

Jérusalem avant que ne s'ouvrent tes portes
L'anneau de Salomon la poubelle l'emporte.
Affaire de langage est la reine aux seins nus

*

Il pense en moi plus bas que ne descend la sonde
Mais ma solution seule reste encore
                      Ce monde
Qui comme moi n'existe qu'à mi-corps.

*

Je ne crois qu'au hasard. Il ne m'a rien promis.
Il n'exige de moi amour ni sacrifice
Dans son âtre où palpite un feu que nul n'a mis
Le doux bouillottement de la mort est propice
aux très lucides vœux qui me restent permis

                                                      Jean Rousselot

Trajectoire suivi de Strophes, à l'enseigne des éditions Les Deux-Siciles, 8 avenue Hoche, 77330 Ozoir-la-Ferrière.

13/03/2019

Mario Luzi (1914-2005) traduit par Jean Rousselot

A ma mère dans sa maison


Accueilli par ta vieille maison grise,
Je suis allongé sur un lit d'angoisse
Qui, tant d'années, fut peut-être le tien,
Et je compte les heures si lentes qui passent,
Plus lentes encor sous la nuée que je trace
Dans le maigre sol de cette nuit d'août.


Un homme qui revient en pleine nuit des champs
Échange un signe de fatigue avec un autre,
Monte la côte, enfile la ruelle, pousse
La porte du taudis. L'haleine chaude
Du sirocco dérange le repos des gens
Et fait gémir les infirmes et les reclus.


Je ne dors pas, je suis le pas du noctambule :
Un fou peut-être, ou bien un jeune homme un peu soûl,
Qui résonne sur le trottoir et les cailloux

Et je laisse et reprends sans fin mon propre faix
Et, plus bas que jamais encor je ne l'ai fait,
Je descends dans ce temps, je descends dans ce peuple.

 

Mario Luzi traduit par
Jean Rousselot

22/02/2019

Dans la suite de "A notre actif"

Vous l'aviez compris, je tiens ce poème de Jean Rousselot en haute estime, non parce que j'en étais le dédicataire mais bien parce que s'y trouve ici résumée toute la démarche fondatrice du poète, qui ne se contente pas de regarder les mouches voler ou de fleurir les tombes des absents mais de recréer, autant que faire se peut, un monde plus conforme à ses aspirations quand elles ne végètent pas dans le nihilisme ambiant, et qui passe ainsi tous les clivages et compartimentages que les historiens de la langue prennent un malin plaisir à dresser après coup, de-ci de-là... DM