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29/10/2017

Moirures XV et un contact à retenir

XV
 

Pruine à l'orée de la forêt de Gretz-Armainvilliers
dans nos yeux passent les arbres
s'ensable une rivière lente comme arrêtée
où réfléchis s'écartèlent les nuages
notre seconde descendance                  
                                  j'ai dérivé ce matin
au gré de la terre et de sa mémoire
vers cette zone idéale absolue
entre le monde et l'impossible
enlierrée de pénombre
                            et de reflets inextinguibles
ils m'apparaissaient
jusqu'à l'épuisement de l'âme
de hautes bâtisses appartements seigneuriaux
relais de chasse           
la pierre            d'une gravité tonale comparable à celle
des fruits d'octobre venus à terme
                                  j'ai dérivé ce matin               
confondant provenance et devenir
à la croisée des chemins           une fontaine
semblait refluer sur elle-même
rebroussant chemin en direction
de sa nappe profonde et close
brouillant les cartes d'existence
                   dans le vertige de l'accord primitif
l'ivresse d'une improbable formule
où se concentrerait                 le réel         
frôlant d'un seul geste suspendu
les longues plages de tangence
                           à la terre
 
Daniel Martinez
 
 
Etienne Ruhaud, en charge de la rubrique "Tombeau des Poètes" dans Diérèse a l'amabilité de parler de mes modestes activités dans son blogorama, que je vous invite à découvrir. Cliquez sur le lien ci-dessous ; s'il n'est pas actif, copiez-le sur votre barre google, puis sur "Entrée" et c'est parti :
 
 
Amitiés partagées. DM

17:27 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)

27/10/2017

Moirures XIV

XIV

 

Le chèvrefeuille continue de griffer l'air
sur l'if il s'enroule      malgré l'automne
partout des taches de lumière
l'eau du temps inquestionnable
passe dans le jardin
parfois des jours entiers à le contempler
à défaire l'ordre rêvé
parmi les cris blancs des oiseaux          nous cherchions
éclose parmi les pierres
l'herbe poussée autour de la citerne
tout ce bleu perdu              dans le sans-dimension
                            et là sans y être
dans l'extension des fibres vitales
quel canevas nous absorbe
dans l'imminence bouleversante
quelle barrière franchir
qui briserait nos défenses point par point
avec l'innocente richesse
                      du rêve de ton rêve
qu'il habite mes mots mon silence soudain
ouvre le souffle
dans l'incertain face à face


Daniel Martinez

09:20 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)

12/08/2017

La seconde peau

La journée terminée, en revenant sur ses pas on entendait les clochettes des grillons : un persistant tintement, accompagnant la fraîcheur relative qui peu à peu envahissait les terres. Les broussailles froissées, traversées à grandes enjambées, chuchotaient à l’oreille. Ainsi de l’enfance, ainsi du désir qui jamais ne s’éloigne du déjà vécu, de l’invisible membrane sous laquelle se voile le corps, seconde peau.

Le poème est un appel aux reflets dansants qui nous modèlent l’âme et tracent dans l’obscur des sensations des lignes de lumière. Flux et reflux silencieux, grotte où plonge l’esprit. Au cœur de ce qui se consume de l’intérieur pour mieux renaître à mesure.

Il me souvient : tout jeune encore, de Cybrélis, l’aïeul attentionné, qui sous l’aiguille du gramophone me faisait écouter les tangos de son temps, de vieilles rengaines nasillardes. Certains vers entendus d’une oreille rien moins que distraite me sont restés en gorge. Violettes gravées sur sa sépulture. Écrire, toujours, malgré et contre ce qui nous réduit à notre seule dimension d’homme.

Et qu’est-ce, le monde si ce n’est, par-delà nos vies, nos questionnements et nos paris sur l’avenir cette sensation de l’infiniment petit livré à ses constantes anamorphoses ?


Daniel Martinez

17:22 Publié dans Moirures | Lien permanent | Commentaires (0)