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29/01/2018

Regards I

     Une presque voix traverse l'eau du puits
     où clignent des corniches crénelées
     dont les signes sacrent
     cette alliance du hasard et de la légende
     sur le tain
du miroir de mon enfance
     de l'autre côté
des terres là
     où transmigrant j'entends et vois

     se redessiner ce qui fut ma vie
     sans limites vers l'outre-livre
     très pure soit son image
     très digne entre les racines du silence
     où baignent les eucalyptus géants
     quand il ne pleut ni ne vente
     et que leurs feuilles insensiblement
     se tachent d'une poussière d'or

     descendue jusques à tes mains
     qui en touchent les extrémités
     comme
les premiers rameaux d'éternité
     naissent-ils de toi ou de moi je ne saurais dire
     dans tes veines dans mes labyrinthes
     cette voix-là toute de ferveur
     fluidifie les ondulations du sable
     toujours c'est le désir qui nous est vie
     dessous le rose éclaté des fusains
     leur blessure en nous suinte
     de ses figures méconnues


Daniel Martinez

29/1/2018

28/03/2017

Au Printemps

      Les bleus de la terre

      De toute paille l’épi mutin
      Perçoit l’infime battement
      Au cœur du temps noué joue
      Le premier atome de sang

      A l’unisson des ramures
      Parmi les signes capiteux
      Quel fil au carillon de pierre
      Esquisse la raison du poème

      Où mue se mire et se moire
      La pièce d’eau dormante
      Entre l’air et la lumière
      Les premiers apprêts du Printemps

      La matière et le sujet
      Le bleu de safre mis à nu
      Pour elle au bord du silence
      L’empreinte vive des peupliers


* * *

 

      Les chemins oubliés

      La coque de l’amande que forent
      Mille têtes d’insectes
      Entre l’os et la peau condense
      La fuite monotone des jours

      Tout commence d’un rien
      Fortune de l’ombre
      La lézarde plus profonde
      Sur la roche qui affleure là

      Jamais n’épuise la rumeur
      Ni ne ferme les lèvres du chêne
      De la solive où s’accroche
      La pipistrelle qui me guette

      Il n’est qu’un pas pour pénétrer
      Dans l'espace de la grange
      Pages fumées et flashes blancs
      La vie n’est plus ce qu’elle était


                             Daniel Martinez

27/09/2015

Enluminures VIII

La tête en arrière, le coeur criblé de ces poussières de légendes semblables au champ de phosphènes qui, visités par le Soleil, dans le lit de la rivière s'inscrivent, dans un éternel suspens. Touchés par une vague d'ombre soudain, la figure s'éloigne et la voix passe : quand l'écarlate du vitrail perce le gui des peupliers, l'oreille, parée des syllabes longues de l'espace mesure les vapeurs crépusculaires.

Sous elles roule la surface, se dessinent des pensées hors de la pensée, avec la singulière agilité qu'ont les araignées d'eau à effleurer l'élément, donnant le change à notre vigilance. Pour protéger de quelque manière l'univers muet où la conscience se dissout, se mêle à mesure aux mouvantes frondaisons, aux fibres, herbes sauvages, à d'anciens paysages ininterrompus, abandonnés aux délices des pleins, vides et déliés.


La misère et la beauté. Au pied du mur qu'il convient à présent de franchir, de plain pied avec le monde environnant, l'exaltation soudaine d'un essaim de passereaux, désassemblés d'un vaste épi. Quand tournent les sens, pour forcer le vide calme du jour, livré au domaine des nombres et des reflets.


                                                                    Daniel Martinez