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24/11/2017

"Plain-chant de minuit" de Pascal Ruga

 Voici un livre/auteur dont ne parleront pas les médias, ita est. J'ai lu cet étonnant recueil d'une traite, tant ses vertus j'allais dire "thérapeutiques" m'ont paru évidentes ! La course après le temps qui caractérise notre époque (qui concomitamment court à sa perte) conçue comme une fuite en avant hors de contrôle a tout de même le mérite de renvoyer ceux qui acceptent de prendre un peu de distance face à ce phénomène (ces épiphénomènes) à leurs fondamentaux, aussi bien qu'à un devoir de résistance... Écoutez plutôt :


"Je ne me suspends à aucun temps, et si je puis dire, avec un certain étonnement, je vis encore, il m’importe peu de savoir jusqu’où et jusqu’à quand. Tout est présence, le moindre motif s’illumine de sa propre lumière. Vivre sous le joug d’un temps horaire ne me concerne plus et je respire le bon sens de ne donner aucune appellation à cet état de chose. Il s’agit bien d’une chose, celle que je me représente sans me soucier de son origine, de sa fin ou du sens que l’on peut lui donner. N’avoir plus à rechercher ce qui est ou n’est pas me repose dans la plus secrète des béatitudes et je passe… je continue de passer, semblable à ces doux nuages au-dessus de moi ; comme eux je ne me soucie pas de ce que je suis ou deviendrai en cet infini dont nous nous accommodons en participant à son mystère et à son esprit sans en tirer quoi que ce soit."

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 

Pascal Ruga

 

extrait de : PLAIN-CHANT DE MINUIT - Collection "La porte étroite"
aux éditions de l'abîme, 1989, 55 pages

09:56 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2017

"Point ne descendrai", de Maria Poliakova. Paru sans nom d'éditeur,...

... ce recueil de poèmes a été imprimé à Nyon par ED. Cherix S.A., à une centaine d'exemplaires, le 9 octobre 1948. La page 82 de ce petit joyau, d'une poète & conteuse qui n'hésitait pas à cueillir aux portes de l'enfance, et vivait à Saint-Cergue, une petite commune suisse du canton de Vaud :

 

POLIAKOVA.jpg

 

Maria Poliakova, auteure passée sous silence, a aussi écrit :

              - Contes de l'Ermite d'Oujon
              - Ghetto XXe Siècle (1938)
              - Contes absurdes
              - Mon Patelin
              - Déclaration d'Impôt
              - Notes tessinoises
              - Le Huitième Jour de la Création
              - Laurent-le-mirifique (1957)

 

10:56 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2017

"Géant des profondeurs", de Michel Segonzac, éditions Quae, 2014

A propos du calmar géant

La calmar géant fait partie des derniers mystères de la planète. Michel Segonzac, auteur de Géant des profondeurs, et attaché honoraire au Muséum national d'histoire naturelle, a levé le voile sur cet animal mercredi 11 mars 2015, lors d'une conférence à l'Institut océanographique, à Paris.

Audrey Chauvet a recueilli ses propos :

Pourquoi les scientifiques s'intéressent-ils au calmar géant ?

"C'est le plus grand invertébré de la planète, et aussi le moins connu. Les Japonais ont réussi à le filmer pour la première fois dans son milieu naturel en 2012. On le connaissait depuis l'Antiquité, il y avait des mythes autour de cet animal, mais il a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour être sûr qu'il était réel.

Que reste-t-il à découvrir sur lui ?

Son comportement, sa physiologie, quelles sont ses proies et ses prédateurs, comment il se reproduit, comment il vit dans des milieux obscurs... C'est un animal sur lequel on sait encore très peu de choses, même si a priori c'est l'animal qui a le plus gros oeil, avec 25 cm de diamètre, soit la taille d'un ballon de football. Son bec énorme lui permet de déchiqueter ses proies.

Pourrait-il y avoir d'autres grands animaux inconnus dans les profondeurs des océans ?

Les espèces de grande taille en général ne nous échappent pas, mais quand on voit l'étendue des grands fonds et le peu qu'on a exploré, on n'est pas à l'abri de surprises. Il pourrait exister un animal de légende, un poulpe gigantesque de plusieurs dizaines de mètres.
Pour les animaux de petite taille, on est sûr qu'on peut encore trouver des espèces nouvelles. On estime aujourd'hui qu'on a identifié 260 000 espèces marines et qu'il en resterait 1 500 000 à découvrir."



Michel Segonzac

 

Depuis ces abysses oniriques, cette phrase de Thomas de Quincey*, remarquable entre toutes :

"L'organe du rêve, conjointement au cœur, à l'œil et à l'oreille, compose le magnifique appareil qui force l'infini à rentrer dans les chambres du cerveau humain." Il me plaît d'imaginer que le rêve se cultive, s'entretient comme un domaine réservé où l'on entre paré de ses chimères. Et que l'aura qui l'enveloppe le protège des incursions du réel quand il se montre trop pesant. Fuite, m'objectera-t-on, quand il ne s'agit que de se recomposer, sous une vêture de fortune. Contre vents et marées. DM