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09/06/2020

"Coller", d'Antoine Émaz avec 5 collages de Vincent Courtois, éd. "Le Frau", avril 2013, 24 pages, 100 exemplaires

Et qu'est-ce que nous faisons, à longueur de vivre, sinon coller du présent sur de la mémoire ou du désir, et inversement, de la hantise sur du réel, et inversement, dans une perpétuelle quête de sens pour ce qui n'en a pas ?

 

Parfois, bien sûr, il doit y avoir de l'inadvertance ou du donné, du hasard si on veut mais au fond, c'est toujours une histoire révélée par l'image. Sa fixité est illusoire, elle arrête seulement le film, le son. Et parce que cela cesse tout autour, elle se met à parler, elle.

 

Antoine Émaz

03:02 Publié dans Arts, Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2020

"Tout venant", de Jean-Pierre Chambon, éditions Héros-Limite, septembre 2014, 216 pages, 18 €

      Surprendre
       et rêver de suspendre
       ce moment de l'aube
       où leurs contours à peine différenciés
       de la granulation bleue du ciel
       et tremblant encore
       sous un infime bouillonnement de vapeur
       les montagnes réapparaissent
       reconquièrent leur masse et leur monumentalité
       et dressent dans l'air des songes
       la pierre réelle

* * *   

      Attendre
       que du langage même
       frotté aux aspérités du dehors
       fulgure une image
       qui enflammera l'esprit

Jean-Pierre Chambon

 

MASSE D 65.jpg

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09:14 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

07/06/2020

"Je connais des îles lointaines", Louis Brauquier, éditions La Table Ronde, mai 2018, 576 pages, 10,50 €

Ce soir, je suis vivant parmi des millions d'hommes,
Dans un port chinois abandonné des vaisseaux.
Je voudrais que mon chant vous parvienne anonyme
Et touche doucement des amis inconnus.


Ce soir, je suis vivant dans une cité chinoise ;
Le ciel noir est rempli de funestes présages.
J'écris à la clarté jaune d'une lampe
A huile, dont jadis se servait un vieux sage.


Sans doute, fumait-il l'opium sur sa couche
Dans sa chambre fermée aux clameurs de l'Empire,
Au fond d'un yamen, dans une rue étroite
D'une ville murée oubliée des soldats.


J'ai remplacé la mèche et renouvelé l'huile,
Mais la lumière est là et sa douceur fidèle,
Et j'ai mon opium plus pur et plus tenace
Et le rêve de l'homme est plus grand que le ciel.


Car j'ai compris, mon Dieu, qu'il n'y a rien à comprendre,
Que tout se contredit, qu'il est vain d'espérer,
Qu'il est vain de connaître et qu'il est vain de naître
Et que l'homme conçu vous l'avez condamné.


Le malheur et la mort hésitent à ma porte,
Mais pour combien de temps ? Reviendrai-je dormir
Au pied de mes cyprès, ou le fleuve sans bords
Qui roule, excrémentiel, mille et mille destins
Confondus, ignorés et toujours pathétiques,
Sous l’œil indifférent des phares que j'aimais,
Me dispersera-t-il aux mers asiatiques ?


L'homme, plus que jamais nu et désespéré,
Veut compter son avoir, voit s'échapper son âme,
Et des illusions qui le gardaient en vie
Ne retient dans ses mains qu'un souvenir d'enfant.

 

Mars-septembre 1944.
Louis Brauquier

05:22 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)