241158

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/01/2018

"Le désert, Rimbaud", éd. Atelier de l'agneau

C'est Jean Esponde qui m'a envoyé cette semaine son dernier livre intitulé "Le désert, Rimbaud", qui renouvelle notre vision de l'éternel adolescent qu'il fut. Sa dédicace : "... L'aventure africaine d'un poète qui ne fut pas trafiquant d'esclaves, il ne l'a jamais été et pas davantage trafiquant d'armes, il ne l'a jamais été..." mérite que l'on se penche de plus près sur le sujet. Mais enfin, on veut bien comprendre Esponde dans sa tentative de réhabiliter quelque peu Rimbaud : livre qui sera commenté in Diérèse opus 73. Amitiés partagées, D. M.

11:25 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2018

"Eloge du jaune" de Jocelyne François

Au rayon des douces merveilles à découvrir, un extrait choisi d’un ouvrage rare et de qualité, dont je vous donne lecture sans plus tarder. Ce recueil : Éloge du jaune, a pour auteure Jocelyne François ; il a été édité par Michel Chandeigne en mai 1990 à 300 exemplaires, dont 60 sur Arches, entés d'une sérigraphie de Bertrand Canard. Je m'y suis replongé juste après avoir vu fleurir les premières fleurs du forsythia de la rue Sully où j'aime à présent le rencontrer au petit matin une fois les premières ombres dissipées, pour souffler un peu de lumière pure sur le ciel si gris de ces derniers jours :

 

Aujourd’hui 24 mai 1981 je me demande si la durée amoureuse ne serait pas d’essence jaune, ne serait pas de cette couleur qui semble s’engendrer à mesure comme si un feu intérieur ayant dépassé de beaucoup le stade du rouge et s’approchant du blanc l’alimentait secrètement. Dans l’avion qui me ramenait de Montréal quelques jours plus tôt, après la traversée de l’Atlantique, après le cordon des vagues sur le littoral, n’est-ce pas dans la géométrie capricieuse des terres cultivées les quadrilatères jaunes du colza que j’ai cherchés d’abord ? Parmi les miroitements, les serpentements, les groupes des toits, les forêts ou les boqueteaux, ils concentraient la lumière terrestre, eux seulement. Après la nuit si courte, à peine plus obscure qu’un crépuscule, et le paysage sans limites des nuages très progressivement éclairés d’un seul côté par l’aube puis d’une façon plus pénétrante par l’aurore, après cette splendeur inhumaine, ce sont les champs de colza qui m’ont rappelée aux genêts de la colline, aux terrasses de pierres sèches, aux pourpiers qui unissent si subtilement le rose et le jaune dans les pierres creusées du jardin, à cette redescente dans le monde des choses où tu allais, venais, étendant tes peintures au soleil, les confiant au rayonnement suprême du jaune.


Jocelyne François

20:18 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

Maurice Genevoix (1890-1980)

Il est un livre que je tiens en estime, dans ma bibliothèque : c'est Forêt voisine de Maurice Genevoix, édité par Flammarion à la fin de l'année 1952. L'auteur/le poète nous y parle de bouleaux, de pins, des eaux forestières, du peuple des ailes... J'ai choisi pour vous un passage de ses "Routes de forêt" :

Elle est fauve au soleil, et par endroits lavée de coulées roses. Plus chaude aux yeux que la grand'route noircie, elle nous surprend pourtant de sa fraîcheur un peu humide. Il n'y a plus la moindre rosée dans l'herbe ; tout le long des fossés la bruyère de l'été dernier, fanée, roussie, fait sous les pas un cliquetis sec. Mais un luisant
mouillé avive la tranche des silex, les pointes d'herbe et les talles de mousse. Tout ce qui touche nos yeux paraît ainsi mouillé, gonflé d'eau pure ; et quand nous fermons nos paupières, cette fraîcheur lustrale semble couler de nos cils même.
A droite, à gauche, c'est un taillis de faible hauteur, des charmes dont l'écorce est mouchetée d'un lichen sombre, - brun profond, vert noir, mordoré. Ces plaques ont la dureté aride des choses vieilles, comme la bruyère aux clochettes mortes qui s'effritent et tombent en poussière aussitôt que nos doigts les effleurent. Tout le terreau sous le couvert apparaît d'un gris terne, un gris d'usure et d'abandon. Tapissé de feuilles consumées, petites grilles de nervures à l'aspect minéral, il s'emplit dans les creux d'une sorte de bourre stérile : et tout cela nous heurte de la même ingrate sensation, d'aridité cliquetante et poudreuse...


Maurice Genevoix

10:40 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)