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31/03/2017

"Sagesse" (1880)

Parvenu au sommet de son Art, le Prince des poètes jette un regard rétrospectif sur sa vie, entre appel et réponse, entre la main qui donne et le geste qui prend, il hésite, encore et toujours. Le temps est une vague, une lueur noire parfois, à l'amont d'hier, qui revient et s'enivre de sa propre lucidité. Et le feu soudain, qui donne mesure au soleil. C'est dans le corps de l'autre - ici celui à qui il dédie ses pensées, aux pires heures de l'abandon - que le poète est nommé, double par essence et tutoyant l'espoir, et griffant sur le papier l'encre du Styx. Pulsion de vie, pulsion de mort s'enchaînent, qui donnent le front de parler, de penser, d'écrire, de s'émerveiller, s'il se peut. A peine une chanson, ne serait-ce une plainte ?, une manière de saisir le monde perdu, à tous les sens du terme. DM

 

      L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.

      Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?

      Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.

      Que ne t’endormirais-tu, le coude sur la table ?

 

      Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé, 

      Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,

      Et je dorloterai les rêves de ta sieste,

      Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

 

      Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.

      Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme

      Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

 

      Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre. 

      Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.

      Ah, quand refleuriront les roses de septembre !

 

                                                        Paul Verlaine

Commentaires

Vigoureux, senti, très bien, sauf "l'autre" que l'on met à toutes les sauces.

Écrit par : collignon | 03/08/2014

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