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06/10/2014

Retour sur images

J'Y

       Mes yeux regardent l'arbre qui se trouve derrière la vitre. Ils ne le voient pas tout entier. La partie du mur qui sépare les deux fenêtres me cache le tronc. Je ne vois que des branches. Une étrange pensée me traverse : j'écris et ne perçois en moi que des branches, pas de tronc.
Je lève les yeux au plafond. Avant de regarder l'arbre je me suis levé pour éteindre les néons qui étaient tous allumés. Il y avait ces deux lumières en présence, celle du jour qui pénétrait par les fenêtres et celle des néons, qui se contrariaient. Personne n'a semblé remarquer mon geste.
J'aurais voulu agir de même avec le bruit d'un chantier qui se trouvait juste sous les fenêtres. Mais je ne pouvais éteindre ce bruit comme j'avais éteint la limière des néons. Ce bruit, c'était pourtant comme la lumière du néon dans la lumière du jour. Il me semblait que si je pouvais l'éteindre il y aurait quelque chose de semblable à la lumière du jour qui s'imposerait.

Je regarde de nouveau l'arbre. Je remarque que ses branches bougent. Elles ne bougent pas continuellement parce que le vent n'est pas continu. Oui, c'est parce que le vent n'est pas continu que les branches de l'arbre ne bougent pas continuellement.
Je tiens là une vérité. Je vais pouvoir franchir l'obstacle de ce bruit que je ne peux éteindre.
Je me lève. J'aperçois le tronc de l'arbre auquel s'agrippent les branches. L'immobilité du tronc est aussi merveilleuse que le mouvement des branches.
J'y suis.
Il me semble à présent que mon sort dépend de cet arbre. J'offre moi-même un visage, des mains semblables qui écrivent.
Je dois compter aussi avec le vent.

                                                              Marc Corigliano

16:54 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (0)

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