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01/03/2017

Henri Michaux et La Pléiade

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Daniel Martinez


Un extrait de la lettre envoyée à Claude Gallimard qui proposait à Henri Michaux, fin 1983, l'édition de ses œuvres complètes dans La Pléiade :
"L'année dernière déjà (...), je vous répondis que cela n'était pas pour moi (...). La raison majeure est qu'il s'agit dans les volumes de cette prestigieuse collection d'un
véritable dossier où l'on se trouve enfermé, une des impressions les plus odieuses que je puisse avoir et contre laquelle j'ai lutté ma vie durant."

Seuls Les Cahiers de L'Herne n°8, entés d'un large appareil critique, trouveront grâce aux yeux du poète, une copieuse livraison de 528 pages, dirigée par Raymond Bellour. Il y eut deux éditions, du vivant de Henri Michaux. La première, en 1966 ; la seconde, en 1983, avec pour celle-ci une bibliographie remise à jour, ainsi que l'auteur de Plume l'avait demandé à François d'Argent, qui en avait la charge.

Une anecdote encore, rapportée cette fois par Allen Ginsberg :
"De toutes façons, je voulais chanter pour Michaux, comme finalement tout poète devrait faire.
Ce chant fait partie de la pratique du Bhakti Yoga, le yoga religieux, où il est entendu que, dans cette époque Kali Yuga de destruction, la méditation, l'esprit, l'intelligence et les œuvres sont impuissants à sortir l'âme de sa boue matérialiste - seule la joie la plus pure peut nous sauver, seul le plaisir le plus pur ! Ainsi donc nous nous sommes assis, en fin d'après-midi, lui peut-être étonné de mes intentions bizarres, de se trouver dans une pièce non moins bizarre, la Seine coulant derrière la grille de la fenêtre, c'était le milieu de l'été. Son visage n'avait pas vieilli depuis notre dernière rencontre, mais semblait plus hésitant, plus doux, bienveillant - moi désorienté ! Comme j'étais désorienté ! Heureusement il ne me restait plus qu'à chanter "Hari Krishna Krihsna Krishna Hari Hari Hari Rama Hari Rama Rama Rama Hari Hari", le japa hindou maha mantra, et "Om A Ra Ba Tsa Na De De De De De De", un mantra syllabique tibétain sans signification fait pour occuper l'esprit quand on se promène dans un temple ou qu'on berce un enfant dans ses bras.
     Salut à Lui, merveilleux professeur." Allen Ginsberg

14:17 Publié dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0)

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