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21/11/2016

La fiancée du vent

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 Kokoschka, Oskar – Die Windsbraut, 1913
Kunstmuseum Bâle

La fiancée du vent
(légende allemande)

 

Dans un moulin du petit village de Bingen, sur la rive gauche du Rhin, vivaient un meunier veuf et sa très séduisante et coquette fille âgée de vingt ans. La blonde Marguerite, après ses luxueux atours, n’aimait rien tant que ses promenades, particulièrement à l’orée de la forêt où, un jour qu’il chassait, le fils du vieux roi, séduit à sa vue, la demanda très vite en mariage. Le père de la jeune fille, arguant les risques d’un mariage mal assorti, refusa son consentement : il avait choisi pour elle Hans, un jeune marchand de farine de Rotterdam qui d’ailleurs devait très bientôt remonter le Rhin sur son embarcation, “La Belle Hollandaise” : colère, pleurs de Marguerite vite retirée dans sa chambre où, ruminant de mauvaises pensées, « sur le coup de minuit », elle reçut la visite d’un Elfe au service du Vent. "Messire le Vent, lui dit-il, l’avait déjà en grande affection".
Elle fit donc entrer dans sa chambre – par la fenêtre ouverte -, au matin, Monseigneur le Vent qu’elle supplia de faire en sorte que “La Belle Hollandaise” ne parvînt jamais à Bingen, ce que promit le Vent à condition qu’elle lui fût fidèle. Contrat conclu, mais la Belle pensait par devers elle qu’elle dompterait facilement son nouveau prétendant.
Aidé par Bourrasque, Aquilon et Africus, le Maître des vents rejeta la barque en perdition dans l’Océan glacial arctique, rapportant à son retour des brassées de tulipes à Marguerite qu’il enlaça, la couvrant de vigoureux baisers (humides des eaux du Rhin). Et tous les jours désormais, elle trouva sur le rebord de sa fenêtre le bouquet des plus belles fleurs cueillies par le Vent.
Le meunier, de guère lasse, ne voyant pas venir Hans, consentit finalement au mariage princier.
Au moment où, dans la chambre – en haut du moulin -, le fils du roi prenait Marguerite par la taille et s’apprêtait à l’embrasser, une tornade enleva les deux fiancés dont on n’entendit plus jamais parler à Bingen.

                                                                          Pacôme Yerma

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