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18/08/2020

"La triste sévérité", de Jean-Claude Caër, éditions Obsidiane, 48 pages, 390ex., 55 F

Annaïg est morte dans la maison du haut.
La terre court sur son visage.
Les vipères suent sous les pierres.
Son fils Salaün Ar Foll est maintenant mort.
Il dormait toujours à Menez ar Big, près des vipères et des couleuvres
Qui se prélassaient sur les rochers brûlants.
Il se promenait dans la lande et les genêts d'or,
Jouait à cache-cache avec sa mère qui le cherchait des nuits entières.
Il effrayait les passants par un cri de guerre :
"Me lahat te ! Me lahat te ! Moi tuer toi !
Moi tuer toi !"
Tout le village l'aimait et allait lui souhaiter la Bonne Année
Quand le grand âge l'empêcha de quitter sa chambre.
Son regard étrange me suivait toujours à mon retour de l'école,
Les vêtements déchirés, après avoir joué à la bataille de Tolbiac.
J'avais peut-être sept ou huit ans quand il me réclama
Sur son lit de mort.

 

Jean-Claude Caër

11:23 Publié dans Auteurs | Lien permanent | Commentaires (0)

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